Je ne pense pas que l’on puisse dire que l’avoir concerne exclusivement le matériel.
Quand Machiavel évoque un "désir d’être", ou quand toi-même évoque un désir de choses spirituelles, vous employez le déverbal du verbe désirer.
Or, ce verbe dérive du verbe latin desiderare, qui signifie "regretter l’absence de quelqu’un ou de quelque chose".
C’est-à-dire que ce regret de cette chose que je n’ai pas produit en moi un manque qui m’incline à rechercher d’avoir cette chose.
C’est-à-dire que désirer est la passion d’une chose que je n’ai pas qui m’incite à agir pour l’avoir.
Mais je suis tout-à-fait d’accord au sujet du détachement.
Personnellement, je n’estime pas que le désir soit le principe ultime des actes de l’homme.
J’estime que c’est la volonté en général ;
Que le désir en est le versant passionnel ;
Que le devoir en est le versant rationnel ;
Sans surprise, le verbe devoir vient du latin dehabere... qui est l’action contraire d’avoir.
Nous avons donc un devoir d’être, sans quoi nous nous perdons nous-même.
(Notez l’astuce du crédit à la consommation, qui nous vend la satisfaction d’un désir à court terme en échange de devoirs à long terme...).
Je mets bien le devoir avant le désir, sans ambiguïté (en théorie du moins...)
Pour la concupiscence spirituelle, il me semble que celle-ci découle plutôt de l’orgueil et de l’amour excessif de soi. Il suffit de comprendre que chacune de nos qualités vient directement de la grâce de Dieu, que c’est une grande chance de les avoir, de l’en remercier abondamment. Alors on peut avoir toutes les qualités possibles, y compris l’humilité, ceci sans concupiscence.