@Toug
"Je ne suis pas d’accord avec le lien du libéralisme
dans ce sens-là [idéologique] avec le libéralisme économique. Je peux
très bien avoir une vie individuelle, personnelle, sexuelle, une pensée
libre c’est-à-dire non soumise à l’État ou à l’église et travailler dans
un collectif autogéré ou peut-être comme fonctionnaire dans d’autres
marchés libres. Je ne vois pas le lien logique entre les deux."
Le lien est pourtant tout-à-fait évident. Le libéralisme moral est le prélude au libéralisme économique. Ceci a été très bien démontré par Dany-Robert Dufour. Le libéralisme se fonde sur la sentence "les vices privés font la vertu publique", mécanisme justifié par le recours à "une main invisible", la concurrence, qui ferait que la lutte des égos engendrerait (théoriquement) le maximum de richesse.
C’est évidemment à l’inverse de ce qui était tenu pour vrai précédemment : "les vertus privées font la vertu publique".
Sinon, quand tu te places dans un "collectif autogéré", ne te soumets-tu pas à une collectivité ?
En quoi est-ce différent que d’adhérer à une église ??? Il ne faut non plus se laisser abuser par de fausses distinctions... Si tu adhères à un groupe, il est illusoire de croire que tu puisses continuer à faire ce que tu veux (suffit de voir les querelles de chapelles entre les divers partis, associations,...etc)
"Il y a eu
un lien historique mais je trouve que c’est la grande qualité de Marx
et des autres socialistes du XIXe d’avoir découpé le lien logique.
[...]" ou un Serge audier par ex, ce dernier lui rétorquant que les liens entre extrême gauche, émancipation de l’individu , libéralisation des moeurs ect et dérégulation économique ne sont en réalité aucunement démontrés, alors que les corrélations entre identité nationale, traditions et capitalisme financier sont au contraire bien effectives, nombreuses et actuelles..."
Le lien historique est manifeste, et il faut donc l’accepter tel qu’il se montre.
Maintenant, il suffit de regarder la pub, dont l’objet est précisément de "faire lâcher prise moralement" et de briser les tabous, pour constater que face à cette "émancipation" est présenter un produit de consommation.
Comme disait Pasolini, "la société de consommation, l’hédonisme de masse, c’est ça le vrai fascisme".
En effet, toutes ces petites contraintes sociales - être raisonnable pour soi-même, être poli et être doux avec les autres, être mesuré, ne pas être avare, ne pas se débaucher dans la luxure - ne sont autres que des impératifs de civilisation, afin de permettre le vivre ensemble. Donc, si tu prônes d’émanciper les gens de ces impératifs de civilité, il ne faut pas se plaindre de vivre des temps de barbarie...
Comme il est écrit dans l’évangile : "Le péché est un esclavage". Donc si tu déconstruis la raison chez l’homme, chose qui lui permet d’être civilisé, tu le laisses en prise directe sur ses passions, dont il sera esclave.
En effet, le propre de la passion, c’est qu’on la subit (passion à la même étymologie que passif).
C’est bien là le problème des marxistes et socialistes : en séparant artificiellement ce qui est de l’ordre des moeurs et ce qui est de l’ordre de la marche de la société, en niant le rôles des qualités personnelles à développer dans le peuple pour régler le vivre ensemble, ce qui est absurde vu que ce sont bien des gens qui vivent ensembles, ils s’empêchent de comprendre qu’il sont en fait une branche du libéralisme.
N’ayant pas compris la cause réelle des dérèglements sociaux mais en la faisant porter par des boucs émissaires mal définis (les "bourgeois") ou par des idéologies mal comprises (le capitalisme / le libéralisme), leur échec fatal à résoudre durablement les problèmes ne peut que les pousser ou à pratiquer la tyrannie, ou à abandonner leurs ambitions.