Oui les guerres fratricides sont les pires. Comme si les
hommes y perdaient toute leur humanité parce que la conscience de tuer ses
semblables est trop forte.
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La question de la condamnation de Robespierre m’apparait aussi centrale.
Aujourd’hui dans le combat des idées, la voix de Rousseau fait son grand
retour. Elle formule une critique solide de la domination de la bourgeoisie, de
l’argent, de ses valeurs (en fait de son absence de valeurs) et du système
représentatif qui a accompagné son essor.
Je crois que le capitalisme devait passer. C’est une étape de l’histoire
humaine. Il a permis de libérer une énergie dont l’humanité a profité pour
accroitre énormément sa capacité technologique ce qui a eu des répercussions
extrêmement bénéfiques dans beaucoup de domaines (confort, santé, créativité,
connaissance du monde, etc.)
Mais aujourd’hui on en voit le bout en raison d’une combinaison de phénomènes :
le système est suffisamment productif pour assurer les besoins (raisonnés) de
l’humanité entière, la conscience de la finitude des ressources nous frappe de
plein fouet, les dégâts environnementaux commencent à devenir véritablement
inquiétants, la logique individualiste poussée à son paroxysme déshumanise le
monde.
Du coup dans notre recherche d’alternative on se retourne et, parmi les
penseurs les plus convaincants dans leur critique de la racine de la société
actuelle, on trouve notamment Rousseau. Or aucun régime politique ne s’est
revendiqué de Rousseau, à ma connaissance, à l’exception peut-être de celui
mené par Robespierre durant ces années géantes de la révolution.
Le projet de société incarné par la lignée Rousseau-Robespierre est éminemment
menaçant pour le pouvoir de la grande bourgeoisie et pour cette raison
Robespierre est totalement diabolisé (l’émission de Guillemin sur Robespierre
fut pour moi une claque gigantesque).
Un homme comme Chouard se revendique de cette lignée et il a besoin de ce
matériau intellectuel pour bâtir son édifice, pour le faire reposer sur des
bases solides. C’est dans le cadre de ce débat sur la légitimité du pouvoir
représentatif, sur le sens de la loi, de la souveraineté, etc, qu’on voit
Robespierre (re)devenir un sujet de débats passionnés.
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Et par conséquent, ce que je crains en fait, c’est qu’un jour on jour on coupe
court à toute évocation de Robespierre (voire, par extension, à Rousseau) par
une allusion au "génocide vendéen" avec la même fourberie/idiotie que
l’on rembarre Marx par une allusion à Staline, au goulag ou à la Corée du nord.