J’emploie nécessaire au sens de "qui ne cesse (pas)". C’est l’étymologie du mot.
Une qualité qui ne cesse en une chose, est une qualité nécessaire dans cette chose, par définition. Comme elle participe sans cesse de l’Être de la chose, la qualité nécessaire de cette chose caractérise l’essence de cette chose (latin esse = être).
Ce qui est contingent (latin contingo = toucher) n’est pas nécessaire, c’est accidentel et donc n’est pas essentiel.
J’aurais bien pu naître ici où là, de tel ou tel parent. J’aurais alors été bien différente. Si cela détermine mon existence, cela ne détermine pas mon essence, car ma nature est humaine.
Je fus seulement habitué à exister d’une certaine manière (habitus : latin manière d’être, tempérament).
J’ai donc ainsi acquis des habitudes existentielles, c’est mon caractère, ma manière de fonctionner propre et j’aurais du mal à en changer...
De même en est-il pour les nations, qui ont des coutumes.
Ces coutumes sont formées par contingences historiques qui "habillent" les potentialités générales de l’essence humaines :
- tout peuple développe une musique, mais chacun selon son style.
- tout peuple développe une sociabilité, mais chacun selon sa coutume.
- tout peuple développe un habillement, mais chacun selon sa mode.
- tout peuple développe un art, mais chacun selon son esthétique.
- tout peuple développe une gastronomie, mais chacun son goût.
...etc
Il y a donc un potentiel de créatif en l’homme, essentiel, puisque nécessaire et commun à toute l’humanité (tout peuple a développé et tout peuple développera....). Mais la forme que prendra cette créativité pour chaque peuple est liée aux contingences historiques, géographiques, et même linguistiques (aliments locaux, croyances, influences culturelles, jeux de mots, raccourcis langagiers ...etc) : tout peuple aura donc une expression propre à lui-même, fruit de son expérience passée, liée à son existence en tant que peuple.
La persistance de ces habitudes existentielles dans un peuple peut ainsi servir à définir, approximativement, son identité (c’est-à-dire l’essence d’une nation, d’une race). Mais c’est approximatif, car les coutumes d’un peuple peuvent évoluer, comme le montre l’histoire. Un peuple peut même se scinder en plusieurs sectes antagoniste.
Cette essence n’en n’est donc pas vraiment une, car elle peut cesser.
Elle n’est pas nécessaire, car ce n’est pas une essence, mais un ensemble d’habitudes existentielles.
Les habitudes existentielles sont des quasi-nécessité, dans le sens où elles persistent fortement. Mais il me semble qu’il existe des Nations qui ont disparu (la nation romaine, la carthaginoise ou la byzantine, par exemple). Donc les nations ne sont pas nécessaires.
Si elles étaient nécessaire, aucune ne cesseraient jamais.
Les chefs politiques sont souvent ethnocidaires. Charlemagne, par exemple, a complètement chamboulé les Saxons en leur imposant le christianisme. Mais peut-être valait-il mieux qu’il en soit ainsi, pour la stabilité de l’Europe d’alors. Le chef politique fait son choix.
Pour ma part, j’aime beaucoup la culture française, du fait sa synthèse entre les antiquités romaines, grecques et juives. Je pense que si elle n’existait plus, le monde y perdrait beaucoup. Mais je vois bien ce qui se trame et ça m’inquiète.