Machiavel :
Disons que la recherche des déterminismes d’une personne, qui sont ses raisons, et dont la résolution particulière serait sans borne, est certainement très utile à ton psychologue, pour organiser ton programme des 20 ans de séances psychanalytiques à venir, ou bien à ton psychiatre, pour déterminer ton traitement chimique à vie à poursuivre, ou bien à ton prêtre, pour confesser tes fautes morales à Dieu et ton pardon obtenir...
Mais en politique, cela n’est pas utile : il suffit de connaître le but poursuivit et pour reconnaître si on s’y accorde. Si le but converge, ça suffit.
Éric Guégen :
Pour Kant, en effet, on dirait que la philosophie a commencé avec lui.
Mais dire que Kant a mis tout-le-monde d’accord... Ça me semble plutôt une légende.
Kant fut surtout substitué graduellement aux enseignements antérieurs, et les gens sont plutôt enclins à réfléchir selon ce qu’ils connaissent.
Mais Kant est particulièrement illisible et se lancer dans la philosophie sur cette base est une impasse : pour comprendre Kant, il faut comprendre ce qui est avant.
Pour Hegel : puisque l’intellect humain n’est plus à l’image de Dieu, mais procède de certaines modalité de jugement depuis Kant, plus rien de vraiment stable n’est support à la pensée et le problème se pose : quel est la valeur des catégories que l’on emploie ? Ont-elles du sens ? Ce n’est rien d’autre que le problème des universaux qui réapparaît.
Hegel pédale et propose un méthode, fondée sur l’opposition (thèse/antithèse), pour déterminer le catégories correctes (par synthèse), le vrai et le faux n’étant pas tout-à-fait contradictoire, puisque selon Hegel, "le vrai est un moment du faux" : c’est la dialectique de Hegel.
Mais ce n’est rien d’autre qu’une doctrine manichéenne.
Hegel n’est donc pas nouveau.
Imposer comme fondement de la réflexion philosophique la dialectique Hégélienne,
c’est donc former les gens au manichéisme. Ceci explique parfaitement le XXème siècle.
En fait, les choses sont bien plus simple en matière de réflexion.
L’homme pose des préconceptions qui lui semble raisonnable en amont de sa réflexion.
Cela lui donne un ensemble de définitions de base (ex : Un segment de droite peut être tracé en joignant deux points quelconques distincts, un cercle peut être tracé par un compas) : ces définitions sont les mots d’un langage.
Ensuite, il repère les rapports entre ces objets définis (par tout point ne passe qu’une parallèle à une droite). Ces rapports sont la syntaxe d’un langage.
Ceci est valable pour tout :
Les matériaux de bases (parpaing, plâtre, ferraille,...etc) sont les mots du langage du maçon.
Les règles de l’art sont la syntaxe du maçon.
La maison est un discours du maçon dans son langage.
Mais si un mot est mal défini (un parpaing est un agrégat de plume),
Ou si la syntaxe est erronée (on peut faire un plafond sans armature),
le discours du maçon est faux : la maison s’effondre.
Donc la pensée est une question de Verbe, de langage.
Le vrai est la conformité du langage avec le réel.
La méthode dialectique n’a aucun intérêt.
Si la maison s’est effondrée, c’est
- ou bien que le parpaing fut mal définit, auquel cas il convient de rectifier sa définition (béton)
- ou bien que la règle de l’art fut erronée, auquel cas il convient de la rectifier (mettre des armatures métallique).
Donc face à n’importe quelle erreur, il convient ou bien de redéfinir les définitions des mots du langage, ou bien de réviser la syntaxe du langage, et en général il faut faire les deux.
Ensuite il convient de substituer dans les discours anciens les nouvelles définitions aux anciennes, la nouvelle syntaxe à l’ancienne, de manière à produire le même sens partout ou le discours était vrai, et corriger là il était faux.
Vous pouvez prendre comme exemple évident le passage de l’alchimie à la chimie :
1° Alchimie :
- mots de base quatre éléments (eau, air, terre, feu)
- syntaxe : manière de les composer.
-> mais ça ne marche pas
2°) Chimie
- mots de base : quatre états (liquide, gazeux, solide, calorique) + N éléments (oxygène, hydrogène,...etc)
- syntaxe : manière de les composer.
-> ça marche !
Question : en quoi y a-t-il eu méthode dialectique dans ce cas ?