micnet :
La distinction entre bien/mal, vrai/faux,... n’est pas propre au manichéisme.
Ce sont des "substances" idéelles et chacun les ressent comme tel.
Mais l’article wikipédia est assez sommaire.
La lumière peut très bien être une métaphore du vrai,
et les ténèbres une métaphore du faux.
Le propre du manichéisme n’est pas tant dans les substances idéelles distinguées (-> les définition de base du langage : bien/mal, vrai/faux, pur/impur, beau/laid, partie statique du raisonnement), mais dans le rapport que ces substances idéelles entretiennent entre elles (-> la grammaire du langage, la partie "cinétique" du raisonnement).
Le propre du manichéisme est sa "grammaire" : les substances idéelles sont placées dans un conflit, un combat qui est créateur. Le combat des lumières contre l’obscurité, du bien contre le mal, du vrai contre le faux,...etc.
De ce point de vue, la dialectique Hegelienne est bien un art de raisonner manichéen,
puisque sa synthèse est fruit du combat entre la thèse et l’antithèse.
De mon point de vue,
si Dieu est indéfinissable et semble illogique,
c’est qu’il contient potentiellement toute les définitions et toutes les logiques.
Réduire à priori toutes les logiques possibles à la seule logique du combat, du conflit ou de l’opposition, cela me semble prétentieux, téméraire et très certainement faux.
Bref, ce que je veux dire, c’est que tout raisonnement est l’art d’user d’un langage.
Selon la définition du langage en théorie du langage, tout langage est composé :
1° d’une partie statique : les mots, substances qui ont une certaine définition fixée (alphabet).
2° d’une partie cinétique : les règles pour assembler les mots en discours (grammaire)
La grammaire du raisonnement manichéen, sa règle de composition est le conflit.
La dialectique de Hegel propose une cinétique de composition entre deux substances par leur mise en opposition puis en conflit, ce qui est la grammaire du manichéisme.
Que les deux termes antithétiques subsistent malgré tout dans la synthèse, rend encore plus évident le parallèle :
L’homme est un fruit mélangé du conflit entre lumière et ténèbres,
comme la synthèse est un fruit mélangé entre thèse et antithèse.
Donc il faut bien comprendre que ma remarque porte non pas sur les définitions à la base du raisonnement, son "alphabet", mais sur les mouvements du raisonnement, sa "grammaire".
Cela fait environ 250 ans que l’occident est mené par des idéologies manichéennes.