@Eric Guégen :
Il y a l’universel en logique, qui découle d’Aristote, et qui vient du Grec katholou (littéralement "pour tous" : catha holou). C’est l’universel "catholique". Pour trouver l’universel catholique, il s’agit de considérer la diversité, puis de remonter aux points communs.
Par exemple, considérons un Caniche et un Berger allemand. Malgré les différences entre ces deux races animales, je peux constater qu’il y a des points communs, et donc les "verser à l’unité" dans une catégorie universelle, que j’appellerais Chien.
Mais il y a aussi l’universel social, qui désigne un groupe d’homme qui sont "unis vers" un But Commun. C’est le terme "homothymaddon" (littéralement, "d’une même âme") que l’on retrouve chez Platon ou dans la Bible.
Le mot latin "universum" fut utilisé à la fois pour traduire "catha holou" et "homothymaddon".
Il y a ainsi l’universel "Points communs" (uniformité) et l’universel "Buts communs" (concorde).
La "déclaration universelle des droits de l’homme" s’attache à partir de l’essence commune à tous les hommes pour en déduire un système de droit.
Cependant, le droit, comme l’étymologie l’indique (latin : directus = direction), consiste à considérer les buts des gens, et non leur essence, puis à interdire les buts illégitimes.
L’uniformité des hommes, leur point commun, comme le dit Aristote, c’est d’avoir une âme, ce qui implique qu’il a des buts propres à lui-même : ce sont les buts qui sont objet du droit.
Si tous les hommes ont une âme (donc potentiellement une raison et une conscience), on ne peut donc pas en déduire qu’ils ont nécessairement les mêmes buts...
Si l’âme est universelle, la direction des âmes (les buts) ne l’est pas.
L’universalité de l’âme ne garantit pas l’universalité des buts.
Or une société ne peut subsister que si les gens concordent au niveau des buts de la société.
Affirmer l’universalité de l’essence humaine ne suffit donc pas à assurer la subsistance d’une société, il faut encore s’assurer qu’il y ait une certaine harmonie et des buts communs.