En fait, je t’aiguillais sur une notion qui a été réfléchie depuis 2500 ans (hexis/habitus), afin de te permettre d’avoir plus de références à disposition qu’en utilisant l’anglicisme "conditionnement", qui ne date que de 50 ans tout au plus.
Cependant, il y a un inconvénient à utiliser des mots "savants", car tirés de langues mortes et étrangères, ils ne nous parlent peu.
habitus est une traduction par Boèce du terme hexis, utilisé par Platon (thééthète) et Aristote.
Les deux mots découlent du verbe avoir, dans les deux langues respectives.
Hexis caractérise quelque que chose que l’on a eu et que l’on a encore mais qui est susceptible de se dégrader ou de se conserver, et qui agit en nous.
Souvent il est dit que l’habitus habille l’âme comme l’habit habille le corps.
L’inconvénient de la traduction de Boèce est qu’habitus est le passé du verbe avoir, et il y manque un coté actif et vivant que possède le terme hexis.
Je propose donc le terme en français usuel "habitant", pour désigner ainsi quelque chose qui réside en soi, qui est venu s’installer à un certain moment, qui peut éventuellement en sortir, et qui détermine ses actes habituels.
Soit donc une habituation :
Un "Père" crée un "habitant" chez l’enfant (un surmoi en quelque sorte...)
Maintenant :
- Soit cet "habitant" est le fruit d’un don gratuit (Le "Père" de cet habitant l’a pensé pour servir l’habité), et alors c’est habilitant pour l’habité.
- Soit cet "habitant" est soumis à condition (Le "Père" de cet habitant l’a pensé pour que l’habité le serve), et alors c’est débilitant pour l’habité.
Car, par l’étymologie, habilitant est à avoir comme débilitant est à devoir.
C’est-à-dire que l’habité par un habitant conditionné a une dette envers le Père de l’habituation,
tandis que l’habité par un habitant inconditionné a un crédit grâce au Père de l’habituation
L’habité d’un habitant conditionné est donc déficitaire, c’est le conditionnement
L’habité d’un habitant inconditionné est donc bénéficiaire, c’est l’éducation.
Plutôt que conditionnement, qui concerne l’emballage, on devrait d’ailleurs dire "endoctrinement".
Sans surprise, l’on constate que les endoctrinés par des groupes sectaires sont rendus "débiles" : ils ont, selon les études, des comportements schizophréniques. Normal, ce qui leur est donné ne leur appartient pas, ils sont sensés le rendre d’une certaine manière, ils sont habités par une volonté étrangère, reflet de celle du Père de l’habituation, et celle n’est pas à leur propre service, mais au service du Père de cette habituation : c’est une aliénation
Question : qui nous habite, qui demeure en nous, qui est le Père de notre habituation ?
Et nous, en quoi souhaitons-nous demeurer chez autrui ?
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Et il dit aux Juifs qui avaient cru en lui : Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ;Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira.
Ils lui répondirent : Nous sommes la postérité
d’Abraham, et nous ne fûmes jamais esclaves de personne ; comment dis-tu :
Vous deviendrez libres ?
En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché. Or, l’esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; le fils y demeure toujours.
Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres.
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Note : ce qui est bon sera de toute façon.