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Commentaire de Morpheus

sur Agoraphobie et agoraphilie politique


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Morpheus Morpheus 2 décembre 2013 12:15

[(pour machiavel), la politique est la gestion des rapports de domination, elle est ce qui permet d’éviter les pires des maux notamment la guerre civile, l’oppression du peuples par des oligarques et surtout elle est ce qui permet l’essor d’une vie civile prospère et harmonieuse. En gros, la politique s’intéresse à la conservation de la société.
(pour Gueguen) la politique est l’actualisation optimale du potentiel humain et l’horizon d’un perfectionnement intérieur
.]

Ne s’agirait-il pas des deux faces de la politique que les athéniens désignaient déjà par les termes ? :
- Politeia = la gestion commune de la cité
- Politikè = la gestion des rapports de force (luttes de pouvoir)
Selon moi, la politique (que j’appelle la "vraie" politique) est principalement l’aspect "économique" : la gestion commune et en bonne intelligence des ressources dans l’intérêt commun (donc répartition équitable des ressources) visant à permettre à tous une vie pacifique et épanouissante. C’est le cœur.
La gestion des rapports de force, sans m’apparaitre facultative (loin s’en faut !) m’apparait secondaire, pour la raison que la cause essentielle des rapports de force SONT une mauvaise répartition des ressources, qui engendrent des désordres nuisant à l’intérêt commun, à la paix et l’épanouissement au sein de la cité.
Je comprends que machiavel considère la question des rapports de force comme centraux étant donné la forme actuelle de la politique dans nos oligarchies parlementaires, qui ne sont que rapports de force. Mais si nous ne concevons pas d’emblée une vision optimale de ce que devrait être la politique, en ne fondant notre action que sur les conditions de ce que nous voulons changer, nous perdrons inévitablement de vue notre véritable objectif, et bientôt, nous n’obtiendrons que "tout changer pour que rien ne change", car si tu ne conçois QUE des procédure pour gérer les luttes de pouvoir, machiavel, tu écarteras ou reléguera au second plan les procédures qui détermine les causes des luttes de pouvoir.
En d’autres termes, le risque le plus évident qui m’apparait dans ta vision des choses, est que nous agirions sur les conséquences plutôt que sur les causes.
Il me semble que nous devrions agir sur les deux plans (politeia et politikè), mais en plaçant la politeia en priorité.
Mais je sais ce que tu vas me rétorquer (et tu n’auras pas tort) : comment pouvons-nous agir sur la politeia si nous ne changeons pas le rapport de force actuel qui nous prive de la moindre possibilité d’agir ?
Sur ce point, je ne peux que m’incliner : tu as raison.
Comprends donc ma crainte principale, qui est de voir s’effacer, dans l’inévitable lutte pour renverser le rapport de force, l’objectif principal de la lutte. On a déjà trop vu cela.
Morpheus


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