Il y avait quelques intellectuels pour défendre la démocratie, ou à tout le moins critiquer les régimes dit représentatifs. Ainsi l’anglais John Oswald, qui traverse la manche pour se joindre à la révolution française, signe un pamphlet (Le gouvernement du peuple. Plan de constitution pour la république universelle) dans lequel il ironise :
« J’avoue que je n’ai jamais pu réfléchir sur ce système de représentation sans m’étonner de la crédulité, je dirais presque la stupidité avec laquelle l’esprit humain avale les absurdités les plus palpables. Si un homme proposait sérieusement que la nation pissât par procuration, on le traiterait de fou ; et cependant penser par procuration est une proposition que l’on entend, non seulement sans s’étonner, mais qu’on perçoit avec enthousiasme. »
Il épingle ensuite, toujours sarcastique, « l’intention charitable de ces messieurs [les représentants], qui veulent nous épargner la peine de penser par nous-mêmes ». En fait, il ne voit pas la différence entre les dirigeants qui justifient leur autorité en se disant représentants de la "Lune" ou du "Soleil", et ceux qui affirme représenter le peuple.
Le discours selon lequel le peuple est mieux gouverné et plus justement par des représentants élus, plutôt que désigner par une divinité ou par le sang, relève selon lui tout autant d’une pensée ésotérique - magique - qui constitue surtout un mensonge pour justifier la domination des dirigeants sur le peuple.
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Morpheus