[On détermine que pour continuer
à nourrir la communauté, 10 nouveaux cuisiniers suffisent ! Pourtant 25
personnes veulent entrer dans l’école de restauration ! Que faire ?
Ne faut-il pas sélectionner les 10 plus talentueux pour leur faire travailler
leurs talents et ainsi nourrir la communauté de la façon la plus optimale
possible qualitativement ? Ou alors faut-il sacrifier la communauté au nom
des 15 individus les moins talentueux en faisant des 25 cadets des
cuisiniers ? Pourquoi admet-on les 15 moins talentueux ? Au nom de
leur droit individuel à être cuisinier ? Mais n’est ce pas là de
l’individualisme ? Ne devraient ils pas ces 15 individus, être heureux que
d’autres soient plus talentueux qu’eux si cela bénéficie au groupe auquel ils
appartiennent et qui les dépasse ?]
R/ Mon rationalisme ne va pas jusqu’à ces raisonnements extrêmes. Je part plutôt du principe que l’individu, même moins doué qu’un autre, peut exprimer ses qualités dans le domaine de son choix, si c’est ce qui le motive. Mais ton exemple est mauvais, parce qu’il confond travail et poste de travail > c’est l’erreur du rationalisme centralisateur. Je ne suis pas stalinien 
Pour le reste, je ne suis pas en désaccord avec ce que tu dis : les gens peuvent effectivement avoir des prédispositions dans tel ou tel domaine (certains même dans plusieurs), et la pratique, l’expérience, l’entraînement (plutôt que le "travail") permet de développer ces dispositions. Dans ce contexte, celui qui met son talent en pratique et s’entraîne récoltera forcément plus que celui qui paresse : je n’ai pas besoin, moi, de m’immiscer dans cette causalité réciproque pour décider qui mérite quoi : le processus est un bon logarithme, je n’ai pas besoin de m’en mêler. Mais ça, tu vas avoir encore plus de mal à le comprendre que moi je n’ai de mal à l’expliquer 
Morpheus