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Commentaire de ffi sur Etienne Chouard Marion Sigaut : Les Lumières, un éclairage inattendu - Agoravox TV

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Commentaire de ffi

sur Etienne Chouard Marion Sigaut : Les Lumières, un éclairage inattendu


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ffi 3 janvier 2014 03:03

@Marenlapine :
Si l’on se fie à la constitution des états généraux,
leurs membres de droits étaient ceux qui bénéficiaient des pouvoirs territoriaux de justice et d’administration.
 
Or, il y avait trois types de seigneuries :
- seigneuries laïques, administrées par un laïc, noblesse d’épée).
- seigneuries ecclésiastiques, administrées par un homme d’église.
- seigneuries communales (zones urbaine, les bourgs), administrées par un conseil municipal.
 
Au sein des états-généraux, les trois ordres était donc représentés : noblesse, église et "tiers-état". Les délégués du tiers-état, issus des juridiction communales donc urbaines, étaient des bourgeois, au sens "issue des bourgs".
 
Si on regarde en détail qui étaient ces "bourgeois", c’est-à-dire les personnalités influentes dans les communes et élues par elles, en gros les échevins et les bourgmestres, nous sommes très loin d’y retrouver une majorité de fortunes du commerce ou de l’industrie. On y trouve en général des juristes, des magistrats, des avocats, des juges, des fonctionnaires d’état, des gens haut placés dans l’administration et la bureaucratie.
 
Ce n’est guère différent de ce que l’on trouve encore aujourd’hui dans la représentation à l’assemblée nationale ou au sénat.
 
Donc il faut bien comprendre le mouvement qui est né dans les communes, gérée par la noblesse de robe. D’abord un fort tropisme vers le protestantisme, pour tailler des croupières aux seigneuries ecclésiastiques catholiques, puis une attaque contre la noblesse d’épée, pour s’étendre au dépend des seigneuries laïques, jusqu’au coup d’état contre la monarchie elle-même.
 
La Révolution est d’abord un coup d’état des "Robins", la noblesse de Robe qui vivait de la bureaucratie royale dans les communes et qui avait à sa disposition les milices communales, en premier lieu celle de Paris, promue "garde nationale" pour l’occasion. On voit bien que la Révolution est le paradis des juristes car la Loi y remplace le Roi. Le gouvernement ne se fait plus "au nom du Roi", mais "au nom de la Loi".
 
Il suffit de considérer quelques grands noms de la révolution :
- Robespierre : Avocat.
- Danton : Avocat.
- Barnave : Avocat au parlement de Grenoble.
- Jean-Joseph Mounier : Avocat, juge royal.
- Mirabeau : au service du Contrôleur général des finances de Louis XV en 1786.
- Brissot : clerc de procureur.
- Duval d’Eprémesnil : magistrat.
- Cazalès : petit-fils d’un Capitoul de Toulouse.
- Desmoulins : Avocat.
- Baboeuf : Commissaire administratif.
- Lemaire : Commis aux postes.
- Galart de Monthoie : Avocat.
- Marat : médecin du frère du Roi.
- Condorcet : Secrétaire à l’Académie des sciences.
- Betrand Barère : Avocat, juriste.
- Charles-Jean-Marie Alquier : Avocat, magistrat, diplomate.
- Pétion : Avocat.
 - Buzot : Avocat.
 
Prenez garde aux conceptions de Marx qui s’est totalement planté sur la "bourgeoisie" à la révolution. La bourgeoisie de la révolution étaient des gens qui vivaient des subsides de l’administration royale, travaillant en lien avec la bureaucratie. En cela Sigaud a parfaitement raison quand elle met le doit sur "les juges" et le jansénisme parlementaire.
 
Quant à croire que le peuple puisse avoir le pouvoir, c’est vraiment rêver. Par définition, le peuple est gouverné. En effet, sitôt que quelqu’un du peuple vient au gouvernement (par exemple Hollande), il quitte la catégorie "peuple" pour entrer dans celle de "gouvernant".
 
Ce genre d’affirmation est une tarte à la crème pour amadouer les naïfs et justifier les actes.
Les clerc de l’administration royale ont estimé qu’ils pouvaient se passer d’un chef et ils ont fait mutinerie. Pour y parvenir, ils se sont appuyés sur des forces armées, les milices communales, promues garde nationale pour la cause, milices dont ils avaient collectivement la charge dans les communes qu’ils administraient.
 
Bref, l’état royal, pléthorique, s’est rebellé contre son chef.
C’est maintenant un corps sans queue ni tête.


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