Vous confondez, à moins que ce ne soit Rancière.
Un axiome doit être évident, hors il n’est pas évident que tous les êtres soient égaux en intelligence. Ce que vous énoncez n’est pas un axiome, c’est un postulat. Et un postulat, on l’admet ou on l’admet pas. Le vôtre, je ne l’admets pas. Vous m’auriez dit "l"homme est un être rationnel", je vous aurais répondu "voilà un axiome".
En outre, le postulat que vous avancez, "tous les hommes sont égaux en intelligence", nous l’avons déjà adopté en vain. Prenez l’"affaire" Dieudonné. On considère en amont que tous les hommes sont égaux en intelligence et qu’ils sont donc capables du même recul intellectuel. Or, voilà un comique qui flirte avec l’antisémitisme au second degré, et l’on se rend compte que tout le monde ne possède pas l’intelligence du second degré, soit qu’il ne l’a pas entretenu, soit qu’il y est tout simplement incompatible intellectuellement. Eh bien pour ne pas déroger à votre postulat - l’égale intelligence de tout le monde, pourtant purement formelle - le gouvernement se retrouve contraint, en amont, de brider la liberté d’expression afin, je cite, d’"endiguer la contagion des cerveaux malades". Voilà où l’on en est dans ce domaine en refusant de prendre en compte le cruelle réalité des choses : l’innée pluralité des êtres. Le culte de l’égalité postulée nous pousse à en rabattre sur nos libertés.