Vous dîtes : "C’est l’ensemble de la société qui est responsable de la violence en son sein".
Je ne crois pas.
1) une société est un ensemble de gens.
Or, la responsabilité est personnelle : c’est le fait de répondre de ses actes.
Donc la notion responsabilité ne peut être appliquée à une société dans son ensemble.
2) La violence n’est pas nécessairement un mal. Par exemple, si vous voyez quelqu’un qui se fait agresser injustement et que vous réagissiez avec violence pour faire fuir l’agresseur, alors c’est un bien. Par exemple, si une femme assomme un homme qui cherche à la violer, c’est un bien. Donc la violence doit être définie comme un moyen d’arriver à une fin, fin qui sera ou un bien, ou un mal.
3) Cependant, j’estime que le recours à la violence doit rester socialement un acte grave, c’est-à-dire que son usage doit pouvoir être justifié devant une autorité. L’homme qui agit violemment est responsable de son acte, et donc une autorité doit pouvoir l’interroger sur les raisons de son recours à la violence.
4) A ce propos, le premier chercheur Allemand s’embrouille totalement. Un homme qui use de la violence sans raison doit être enfermé de toute urgence, c’est un danger public. Un homme qui use de la violence, mais pour de mauvaises raisons, doit être condamné (et l’on doit lui faire comprendre pourquoi ses raisons furent mauvaises). Un homme qui use de la violence, mais pour de bonnes raisons, doit être laissé libre.
5) Bref, quand une société est en proie au développement de la violence, il n’y a que les auteurs de ces violences qui en sont responsables : la société ne peut être accablée d’un mal qui l’accable. C’est un peu comme si vous disiez qu’un homme est responsable de la tumeur cancéreuse qui métastase dans ses organes...
6) Cela dit, il y a bien une responsabilité politique. Une société dont le système politique ne traite pas les violences comme des actes graves, c’est-à-dire comme des actes qui engagent la responsabilité personnelle de leurs auteurs, faute de moyens ou de conviction, risque fort de connaître un développement de la violence en son sein, celle-ci étant alors banalisée.