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Commentaire de ffi

sur Les origines de la violence humaine


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ffi 14 février 2014 17:00

J’ai déjà abondamment commenté ce documentaire sur agoravox.

Reprenez les définitions de base.
Intelligence :
I) [Chez les êtres animés] Fonction mentale d’organisation du réel en pensées chez l’être humain, en actes chez l’être humain et l’animal.
 
II) [Dans le cadre des relations d’entente s’établissant entre des pers. qui se connaissent et se comprennent (v. entendre II A 2 b)] Action de s’entendre, de se comprendre ; résultat de cette action.
 
Or, l’entente, c’est affaire de politique.
 
Pourquoi les gnous ne s’entendraient-ils pas ?
Les mâles jaloux ne se combattent-ils pas ?
Leur groupe ne fait-il pas corps pour sauver le jeune Gnou poursuivi par les lionnes ?
 
Les gnous ne développent pas une pensée abstraite comme l’homme, mais sont réglés en grande partie par l’instinct, donc la politique et l’entente dans une société de Gnou ne se fait pas par abstractions, mais se règle à l’instinct. La société Gnou est purement organique.
 
Comparativement, l’homme étant doté d’instinct et d’abstraction, sa société est à la fois organique et organisée. Mais je vous rejoins sur ce point : l’organisation politique des hommes ne peut jamais s’abstraire totalement de l’organicité, car elle n’est qu’une culture fondée par-dessus une nature (notion de loi naturelle).
 
Vous vous dîtes borgne et moi aveugle ?
Au contraire, vous mélangez deux sens très différents du mot intelligence, fonction mentale d’un être animé avec entente au sein d’une collectivité.
 
Vous n’êtes donc pas borgne, car vous avez les deux yeux ouverts, chacun d’eux sur des notions très différentes que vous essayez d’amalgamer à tord en un concept unique. Vous êtes donc victime d’un trop plein de lumière.

C’est cela qui vous illusionne et, enfin, vous aveugle.
 
A contrario, je suis borgne. Je n’ouvre qu’un oeil à la foi. Soit je considère l’intelligence comme une faculté mentale personnelle, soit je la considère comme une entente sociale, en prenant garde à ne pas mélanger ces deux notions différentes du même mot.
 
Aucune approximation langagière ne pourra me faire prendre ce qui correspond en vérité aux rapports dans une collectivité pour une faculté mentale personnelle, pas plus qu’une société pour une personne. La société n’a pas de faculté mentale au sens propre... Les propriétés d’un ensemble ne peuvent être confondues avec celle de ses éléments.
 
Il s’ensuit que la société n’est pas personnelle, elle ne sait répondre, elle n’a donc pas de responsabilité au sens propre.
 
Vous pourriez il est vrai dire que "une société est une personne morale avec son intelligence et sa responsabilité", mais c’est au prix de l’introduction d’une polysémie pour à peu près chacun de ces mots, ce qui revient à confondre le langage lui-même... Donc à tout confondre à terme sans même plus sans rendre compte.
 
Vous aurez d’ailleurs remarqué que les "sociétés personnes morales" sont en général "à responsabilité limitée", souvent "anonymes", et que lorsqu’elles se livrent à des méfaits, elles s’enfuient promptement, laissant en général les autres payer à leur place, sans que jamais personne dans la société en question ne soit inquiété, sauf éventuellement un sous-fifre qui sert de fusible.
 
On voit donc dès lors que cette notion de "responsabilité de la société" sert surtout pour chacun de ses membres à éviter d’avoir à engager sa propre responsabilité : c’est en fait une sorte de parapluie pour se protéger d’avoir à faire ses responsabilités.

 

On en déduit donc que, pour en revenir à la violence, évoquer une "responsabilité de la société" sur ce sujet revient à édulcorer la responsabilité des auteurs de violence, et donc participe finalement à l’augmentation de la violence.


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