@ Mach’ :
Anachronique, ce que vous dites là...
Aristote n’a pas remis la propriété privée en question pour la bonne et simple raison que cette expression n’avait pas le même sens à son époque.
Pour lui, est naturel ce qui est autosuffisant. Un être humain est-il autosuffisant ? Non, ou difficilement. Il a besoin de ses semblables pour vivre correctement, donc l’individu n’est pas naturel, c’est la communauté des individus qui l’est. À partir de là, l’économie consiste à maintenir l’homéostasie au sein de la communauté, c’est une économie de subsistance.
Commercer, pour Aristote, c’est rechercher mutuellement ce qui manque à notre nature. Les soldes dans les grandes surfaces pour acheter une foultitude de choses qui ne nous sont pas indispensables, c’est tout simplement impensable pour un Grec. Le luxe existe, mais il est réservé à quelques hauts personnages qui ne s’en servent que pour briller, et pour Aristote (qui ne roulait pas particulièrement sur l’or), il est immoral de se rendre esclave de tels biens.
Voyez comme l’"individualisme" possessif chez Aristote est tout relatif !!
Enfin, vous dites :
"pour
posséder soi même, il faut se considérer comme un individu à part entière."
=> Exactement Mach’, et vous allez voir que vous finirez bien par admettre que l’individualisme prime le reste.
1. Je m’extrais de la masse et prends conscience de ma singularité (historiquement, le concept chrétien de personne n’y est pas étranger) ;
2. Je prends également conscience de mon être (corps et âme), première de mes propriétés ;
3. Je veille à ma conservation physiologique et tends ainsi à tout ramener à l’économie, perdant d’autant de vue mon prochain politique ;
4. Je me compare aux autres, m’évalue à l’aune de ce que nous possédons eux et moi, et deviens un être de désirs (les chantres de l’égalité interviennent alors pour satisfaire vainement la course aux désirs effrénés) ;
5. Le capitalisme est ensuite en charge de rationaliser, d’instituer et de pérenniser cet acte marchand par l’entretien de désirs fictifs. Il me conforte dans mon individualisme, et me pousse, par une surenchère consumériste, à la frustration et aux revendications qui s’ensuivent.
Voilà, ce me semble, une généalogie moderne s’appuyant, non sur les grands textes, mais sur le simple bon sens, non ?