Des motivations donc... navré d’employer ce terme affreux, qui a le mérite du signifiant, puisqu’il s’agit de cela.
Vous dire qu’après avoir troqué la cagoule pour le miroir, il ne reste plus qu’à le retourner supposerait chez moi une motivation à ignorer qu’il est double-face, évacuant de facto la possibilité qu’il soit sans tain. Là où l’esprit cherche à sonder dans les yeux de l’autre l’altérité qui ne pourra jamais lui suffire tout en lui étant indispensable, quand je regarde le miroir, je ne vois qu’une forme plus ou moins qualifiable, un tout plus ou moins contestable, quelque chose qui présente aussi peu d’intérêt à commenter que le vide au fond de l’oeil du mannequin qui se regarde en faisant défiler les photos de son propre "book".
Alors oui, nous pouvons aussi différer à la prochaine séance à laquelle vous m’invitez, différer sans attendre et courir sans cesse autour de la piste, comme traiter de ce que chacun cherche réellement en exprimant sa pensée, le pourquoi du comment.
Je n’ai pas de réponse à la question de l’abdication face à la foule sous prétexte que l’on sait pertinemment qu’elle vous piétinera en dernière instance ; foule éprouvée dans ma chair de toute sa plastique et rageuse laideur comme parfois dans certaines ineffables liesses ; foule, qui gestalt, ne peut être "sentimentale" qu’au prix de l’abandon de ce que l’on est, au vil profit de ce que l’on voudrait être ; celle qui transforme deux adorables chiens en une meute ; celle qui ne vous forme plus quand elle a échoué à vous transformer définitivement.
Quant à la colère, y succède bien plus souvent la résignation drapée dans le mépris que l’envie de remettre les couverts sur une table rase. Si je l’éprouvais vraiment, pensez-vous que je viendrai ici lire parfois la fruit d’une bêtise dont leurs auteurs ne sont que de bien palots plagiaires ?
En vérité ("si je mens", désolé je ne sais pas faire les emoticons "clin d’oeil", j’essaie de m’adapter, faire comme les romains à Rome (<—> j’ai bon là ?)) ce que je cherche est aussi peu essentiel que ce que je pourrais lire derrière un miroir qui ne m’appartient pas. J’eus préféré que l’on différât l’analyse du contenu du message plutôt que les états d’âme des arrogants messagers que nous sommes, mais j’aurais aussi bien aimé déguster ce matin ces délicieuses viennoiseries que ni ma douce ni mon courage n’ont voulu aller acheter.
Alors différons Gaspard, je ne suis pas difficile (finalement je me suis rabattu sur un pain traditionnel libanais ce matin et, pour ne rien vous cacher, son caractère étouffe-chrétien a une réalité bien concrète dans mes viscères pour l’heure), différons donc ce qui indiffère la foule.
Passez une bonne journée