Arrêtez avec ce hoax sur la loi de 73 qui n’est pas à l’origine de notre dette astronomique comme cela a été déjà démontré à maintes reprises.
Dans les années 60 la France faisait 5% de croissance avec une population jeune, peu de retraités, et, on l’a oublié, des salaires relativement bas par rapport aux autres pays développés, De Gaulle ayant toujours privilégié l’orthodoxie budgétaire (contrairement aux asseliniens et autres souverainistes en carton) et une conception très stricte de l’équilibre de la balance des paiements.
Il n’y a pas besoin d’être mathématicien pour comprendre qu’une France à 0,5% de croissance, avec une population vieillissante, plus de retraités, et des salaires restant relativement élevés par rapport à la richesse objective produite par le pays, ne peut plus soutenir ce système sans s’endetter considérablement. Le propos du type de goldman sachs, pour tout cynique et révoltant qu’il soit, est malheureusement réaliste. Si on considère objectivement les performances industrielles et économiques de la France, les bas salaires restent globalement élevées dans le contexte concurrentiel européen. Les choix industriels qui ont été fait en France - et que défendent d’ailleurs toujours des gens comme Asselineau - c’est à dire de privilégier la compétitivité par les prix au lieu d’élever nos standards de production et de formation des salariés, sont à l’origine de ce fiasco. Pour le dire un peu vite, la France a fait le choix industriel des "champions nationaux" produisant du moyen de gamme à coût compétitif en dévaluant régulièrement la monnaie et en important de la main d’oeuvre à faible coût en provenance du Maghreb et d’Afrique subsaharienne. Nous payons aujourd’hui les conséquences de cette politique mercantiliste et néo-corporatiste mise au service des grands patrons, soutenue par les syndicats comme par la gauche socialiste, et que veulent poursuivre les néo-kéynésiens français.
Je suis désolé, mais il n’existe aucune loi économique en milieu capitaliste selon laquelle des salariés peu formés, interchangeables et peu spécifiques, devraient être payés aussi chers que leurs alter ego allemands.
Le résultat de tous ces mauvais choix est que la France est aujourd’hui globalement surévaluée de 30% et ne peut plus redémarrer, malheureusement, sans une forme de dévaluation qui restaurera l’équilibre, soit de manière artificielle, par la dévaluation monétaire, soit de manière réaliste, par la baisse des dépenses publiques (57% du PIB, un des plus hauts niveaux de dépense publique dans le monde mais les gogos parlent toujours "d’ultralibéralisme") et, malheureusement, mais inévitablement, par la modération salariale et la diminution des pensions versées par l’Etat.
Ce n’est pas du libéralisme, c’est du bon sens. Les mêmes qui dénoncent à longueur de temps la logique de la dette sont paradoxalement ceux qui préconisent de continuer à faire de la dette au lieu de faire des réformes.