Je suis totalement en accord avec le commentaire de Qamarad,
je partage le même point de vue de Pierre Hillard que je ne considère pas du
tout comme un délirant, j’ai répété à plusieurs reprises qu’ il apprend des
choses très intéressantes ,notamment par les documents qu’ il déniche , même si je ne partage pas du tout son
interprétation de ces documents.
Concernant les théories ou philosophie de l’histoire, si on
reprend la subdivision que fait Michel Drac, je dirai que partir d’une seule
méthode comme pour analyser les phénomènes historiques mène
inévitablement à l’impasse :
------>Partir uniquement de l’approche événementielle en
considérant que l’histoire n’est que le résultat des actions de certains
acteurs amène inévitablement à la
théorie du grand complot, avec toutes ses variantes ,y compris la plus extrême
façon merdaterre : le grand complot
multiséculaire d’ individus qui ont un contrôle total sur les sociétés et
qui tiennent le monde dans le creux de leur main. C’est le délire
conspirationiste.
------> Partir uniquement de l’ approche structuraliste en considérant que les processus
historiques sont les fruits de
structures sociales fondamentales qui
sont le plus souvent non conscientes , générant certaines pratiques sociales et leurs
conséquences spontanées amène à une forme d’ abstraction déconnecté de la
réalité. C’est le propre des intellectuels maniant les concepts socio culturels
qui dissertent en long et en large sur des événements historique de manière
athérée. Et on en arrive à un autre délire qu’est l’anti-complotisme, comme si
tous les phénomènes historiques n’étaient le fruit que du hasard et que certains
acteurs ne jouaient pas un rôle spécifique.
------>Partir uniquement de l’approche
matérialiste en considérant que l’histoire découle des infrastructures de
production et des rapports de classe qui en résultent, conduit à certain dogmatisme, car malgré l’efficacité de la méthodologie,
elle ne peut pas être le seul outil d’explication du monde ( il suffit d’
observer les Marxistes dogmatiques , on dirait une religion). On tombe
inévitablement sur des cas ou le réel ne correspond tout simplement pas à cette
théorie de l’histoire.
------> Partir uniquement de l’approche
théologico -mysthique conduit au manichéisme et à la binarité, avec d’ un
coté le Bien et de l’autre le Mal, il en découle un simplisme abrutissant, et
un dogmatisme agressif, car il existe en réalité plusieurs approches théologico
mysthiques qui parfois convergent et d’autres fois divergent radicalement et
qui sont par conséquent voués à se faire la guerre.
------>On pourrait ajouter une cinquième approche que Michel Drac
ne cite pas que l’on pourrait appeler l’approche idéelle qui voudrait que les processus historiques ne soient rien d’autre
que des manifestations de la raison, la philosophie servirait donc de cadre
directeur aux actions humaines. Prendre cette théorie de l’ histoire comme
unique outil explicatif conduit quasiment au même problème que l’ approche
structuraliste çàd à ces intellectuels maniant les concepts philosophiques et
cherchant à les articuler en permanence de façon esthétique avec de jolies
phrases et de belles idées pleine de bonnes intentions , mais complètement
déconnectée du réel.
Il faut pouvoir combiner intelligemment ces différentes approches et
faire en permanence l’autocritique constante de cet amalgame pour ne pas tomber
dans leurs travers respectif mais c’est quasiment impossible, c’est un travail titanesque
et nous ne sommes malheureusement que des humains …
Dans tous les cas , ce qu’
essaie de faire Michel Drac dans cette conférence , c’ est justement articuler
ces différentes théories de l’ histoire et c’ est ce qui rend à mon sens son
analyse très supérieure à celle de Pierre Hillard.