Mais qu’est-ce que tu crois mon gros Piloun ? Que je suis un nanti ? Que j’ai une cuillère d’argent dans la bouche ? Que je gagne des cents et des mille ? Que je n’ai pas moi aussi du mal en fin de mois, les gosses à nourrir, la voiture à réparer, les traites et les impôts à payer, et l’administration qui traîne des pieds quand il s’agit de me rendre service ? Tu me prends pour qui ? Un apparatchik ? Un oligarque ? Un nabab ? Un voleur ? Qui tu es, toi, pour me faire la leçon ? Je fais partie de ce peuple, dont tout le monde a le nom à la bouche sans jamais pouvoir le définir, de ces gens qui en ont MARRE de nos représentants, MARRE que des cons se déplacent encore pour une primaire UMP qu’ils devraient se tailler en pointe, MARRE de voir toute la merde que l’on vomit dans MA télé parce que des millions de gens y trouvent leur compte (eh ouais mon gros Piloun, l’offre et la demande, l’offre-et-la-demande...), MARRE d’entendre à longueur de journée des conneries débitées par des gens qui ne consacrent jamais leur précieux temps à s’informer, qui font mumuse sur un I-Phone pour faire entrer un carré bleu dans un rond rouge en gueulant "tout ça, c’est à cause de Valls et Sarkozy !", MARRE de tout ça. Ras le bol, pour être poli. Et j’en ai MARRE de perdre mon temps avec des gens comme toi, à devoir toujours montrer patte blanche, me justifier parce que ce que je dis dérange et sent la naphtaline, mon gros Piloun.
Une chose pour conclure, et tu pourras toujours te dire que je raconte des conneries, et j’espère sincèrement pour toi que c’est des conneries : les élites qui nous emmerdent et dont la tête finira à coup sûr au bout d’une pique se nourrissent de la bêtise, de la paresse, de la mauvaise humeur, des illuminés qui pensent avoir déjoué des complots parce qu’ils sont frottés d’un petit savoir Wiki. Tu sais, taper sur les élites, par ici, c’est assez simple, c’est le sport national, notre exutoire à nous, gens de peu, et jamais je ne perds une occasion de le faire. Cela ne demande aucun courage. AUCUN. Ça défoule, c’est tout. En revanche, remettre le peuple à sa place et lui mettre le nez dans le caca, ÇA, vois-tu, ça demande à notre époque manichéenne une patiente et un courage que tu n’imagines pas.
Je ne t’embrasse pas Piloun, je me tire avant que tu ne me vomisses au visage.