1° Je considère que les mots ne
sont qu’un véhicule pour décrire un contenu
Tu verses dans le nominalisme. Je suis dans une perspective un peu différente, que l’on peut rattacher au conceptualisme. Certes, le mot a un coté conventionnel, mais le mot appartient à une langue qui a sa logique propre (qui est aussi une ensemble de conventions entre locuteurs pour réussir à communiquer), avec des principes de dérivations des notions les unes par rapport aux autres. Le sens conventionnel d’un mot doit donc d’abord être guidé par la logique de la langue, sauf à engendrer de gros problèmes de communication, et donc rendre la langue inutilisable en pratique.
C’est très lié à la théorie des langages ce que je dis. Ayant travaillé sur des logiciels de plusieurs centaines milliers de lignes de code, j’ai constaté que la cohérence de la terminologie employée pour désigner les procédures ou les variables était essentielle pour éviter les bogues.
En gros, tu comprends bien que pour désigner le caractère de quelque chose qui est plein, tu n’emploieras pas le terme de vacuité, mais celui de plénitude. Ce serait une imposture terminologique sinon. De même, c’est une imposture terminologique que de caractériser l’État, qui est par définition un ensemble de clercs, par le terme de laïc.
Je te rappelle que la langue de la République française est le Français et donc que la terminologie doit suivre la logique de la langue Française pour être comprise par les citoyens. Sinon, il est vrai que l’on pourrait publier les lois en chinois, avec le même sens, mais, du coup, personne n’y comprendrait rien.
La loi de 1905 abolit simplement le service public du culte.
C’est cela son contenu. Il n’y a aucun grand principe derrière. On le voit bien car dès qu’il faut appliquer le concept en justice, les juges sont particulièrement démunis, donc leurs décisions sont arbitraires, et il faut repasser par les députés.
-> Ce que la laïcité exclut de l’organisation
de l’Etat ce sont les clergés autres que politique.
C’est tout-à-fait douteux comme assertion. N’étaient visées à l’époque que les religions dont l’État prenaient en charge les cultes. Mais les frères maçons, qui ont fait voeux à leur organisation, sont des clercs de leur religion (ils lui doivent fidélité). Or, ils ont ont pullulés et pullulent toujours à tous les niveaux de l’organisation de l’État.
C’est que le Grand Orient est d’ailleurs une association loi 1901, et non une association cultuelle. Pourquoi ? N’y-a-t-il pas des formes de culte en maçonnerie ? A partir du moment où l’État n’a aucun critère pour déterminer précisément ce qu’est une religion, n’importe quelle religion peut se proclamer association loi 1901 et bénéficier des subventions de l’État. C’est d’ailleurs par ce biais que les mosquées se font financer actuellement et que toutes sorte de sectes obtiennent des subventions.
Pour contourner la loi, il suffit donc de ne pas se déclarer en tant que culte, afin d’éviter tous les désavantages liés au statut d’association cultuelle. Pourquoi les religion en 1905 n’ont-elle pas opté pour cette solution ? Parce que le statut d’association cultuelle fut imposé autoritairement par l’État aux religions participant du service public du culte à l’époque (l’église catholique ayant refusé ce statut à l’époque pour accepter celui des associations diocésaines dans les années 1920).
Mais tiens donc, ce statut d’association cultuelle ne fut pas imposé au Grand Orient dont participait le Frère Emile Combes. Pourquoi ? Parce qu’il fut le promoteur de la loi ?
Bref : imposture terminologique (laïcité), termes non précisément définis (religion, culte, secte), c’est d’une part la méprise assurée pour le non-juriste, donc l’impossibilité d’en débattre au plan politique sans d’énormes problèmes de communication, et d’autre cela ouvre la porte soit à l’arbitraire du juge, soit à son incapacité de faire son travail, donc à la triche.
C’est aussi en soit la démonstration que les lois parlementées, loin d’aboutir à la précision, la concision et la clarté, aboutissent à l’approximatif, le verbeux, et l’obscurité.