A partir du moment ou le contenu est le même et que tout le
monde le comprend, pour moi cela ne change rien.
Tout le monde comprend un mot, y compris inventé ou inconnu, à partir du moment où il obéit aux conventions de dérivation des termes dont dispose la langue. Le Français dispose d’un système de préfixes et suffixes, hérités du latin et du grec.
Par exemple, on ne dira pas :
prôner l’accumulation de capital = communisme.
prôner que tout soit commun = capitalisme.
On fera évidemment capital/capitalisme ; commun/communisme.
Sinon, on risquerait de s’embrouiller n’est-ce pas ?
Le langage est un art. La Théorie mathématique du langage est bien étayée. Pour faire des algorithmes corrects, il faut respecter la syntaxe. C’est Chomsky qui a beaucoup travaillé sur le sujet.
La
laïcité exclut de l’organisation de l’Etat tout clergé autre que politique. L’affaire
est réglée.
C’est absolument faux : que quelqu’un qui participe à l’État soit membre d’une autre organisation, ce n’est pas écrit sur son front. S’il ne le dit pas, où si l’État n’enquête pas, l’État ne peut pas le savoir. Donc il n’y a aucune assurance de ce coté-là, car rien n’est prévu à ce sujet dans la loi de 1905.
Il faudrait définir plus correctement ce qu’est une religion. Déjà, il faut voir que le christianisme a eu toutes les peines du monde à se faire accepter comme religion sous l’empire Romain. C’est donc amusant qu’elle en soit devenue le parangon...
Religio, en latin, c’est le scrupule, le soin minutieux, le soucis de l’exactitude.
Un ancien synonyme est "religens", qui est par ailleurs synonyme de "diligens".
Linguistiquement, c’est logique : religio et dilligens sont dérivé du même verbe lego (choisir), avec deux préfixes augmentatifs "re-" et "de-". C’est donc un acte opéré avec très grand scrupule (comme face à un Être sacré).
Le contraire de religio / dilligens est negligens (neg + lego = non-choix = nolonté), qui a donné négligence.
Or que demande la loi de l’état ? La loi de l’état nous demande d’être soucieux et scrupuleux, afin de n’atteindre ni à la personne ni aux biens d’autrui. Ce n’est même pas qu’une question d’intention. On pour aussi être condamné pour une faite par simple négligence (voir aussi l’article 121.3 du code pénal). La loi de l’État est donc la religion demandée par l’état, c’est-à-dire, le soin que l’état nous demande d’avoir envers autrui et ses biens. L’État demande des gens qui ait une certaine faculté d’attention à autrui.
Par jeu de mot, on pourrait se demander : la séparation du politique et du religieux est-il l’établissement d’une politique sans scrupule et d’un état négligent ?
Les choses sont en fait très simples à traiter, pas besoin de partir dans ce fumeux concept de Laïcité. Ok pour l’absence de service public du culte. Mais il faudrait aller plus loin. Il faudrait que l’État regarde dans les lois des religions (terme ici au sens moderne), si elles ne poussent pas à négliger les lois de l’État, c’est-à-dire à contrevenir à sa religion d’État.