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Commentaire de ffi sur Débat Zemmour-Mélenchon - Agoravox TV

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sur Débat Zemmour-Mélenchon


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ffi 16 décembre 2014 12:19

Tu vois bien qu’en clarifiant déjà les termes, comme parler de mono-cléricalité d’État, ce qui revient à conceptualiser que nul ne peut officier pour deux maîtres dont l’État, permet de réfléchir par analogie, et donc d’étendre la réflexion à toutes sortes d’organisations.
 
Mais on voit bien aussi les limites de cette conception, puisque la législation américaine, qui essaye pourtant par cette voie d’interdire une double appartenance politique/économique, ne permet manifestement pas bien d’éviter le mélange des genres entre économie et politique.

Plus haut tu écris « L’État doit au contraire pouvoir s’appuyer sur les sous-organisations qu’il contient ». Dans les rapports de force politique tel qu’ils existent, ce sont les sous organisations les plus puissantes qui l’emporteront et imposeront leur loi aux autres. C’est d’ ailleurs la situation actuelle avec les réseaux.
 
Cependant, ce serait aussi très étrange, il me semble, d’envisager un État qui ignorerait totalement toutes les organisations qu’il contient, car ces organismes sont aussi la société civile que l’État est censé servir. Il peut de plus y avoir d’honnêtes gens, qualifiés, qui participent d’une autre organisation que l’État : il faut que le crime soit commis pour être sanctionné.
 
Par exemple, à l’Agence de sécurité du médicament, sont rassemblés des scientifiques éminents, et leur qualification fait qu’ils sont généralement aussi en lien avec les laboratoires pharmaceutiques.
 
Mais tu n’as pas tord, cette pente est fatale dans le régime actuel, où toute loi est fondée à l’issu d’une bataille entre réseaux politiques antagonistes, les partis politiques, organisations qui sont elles-mêmes objet de convoitises par toutes sortes d’organisations qui voudraient imposer leurs intérêts politiques.
 
C’est la raison pour laquelle la loi ne peut pas découler des rapports de force entre réseaux représentants des intérêts privés, mais elle doit toujours découler des rapports logiques et moraux, c’est-à-dire d’une réflexion politique, sur l’intérêt général. C’est la raison pour laquelle un roi, s’il est bon et bien conseillé, peut faire une bonne loi.
 
La pluri-cléricalité dans l’État est ainsi possible, à la condition qu’il y ait un capitaine dans le bateau, un roi dans l’État, qui ne doit sa position à aucun réseau, à aucun intérêt privé, le rendant ainsi libre de se prononcer uniquement sur l’intérêt général, et dont la charge éminente consiste en particulier à surveiller strictement tout conflit d’intérêt dans l’État, pour réprimer sévèrement tout trafic d’influence.
 
La mono-cléricalité, c’est-à-dire l’appartenance unique à l’ordre de l’État, reviendrait presque à créer une nouvelle noblesse, un ordre exclusivement politique, lequel risquerait ainsi de trouver assez rapidement déconnecté du reste de la société.


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