@ffi
Je suis bien d’accord avec votre incipit : on se perd à vouloir faire dire trop de choses au mots. Je vous renvoie néanmoins à ce que je disais plus haut des écoles de pensée grecques : dans la manière de distinguer "éso-" et "exo-", il y avait plus que la constatation d’une différence de niveau. Il y avait la volonté affirmée de conserver les choses en l’état. Pourquoi j’applique ceci au christianisme ? Parce qu’en tablant sur le dogme, et donc sur le dicible et le non dicible (en public), on laisse entendre très clairement que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, à discuter, que toutes les âmes ne sont pas apprêtées de la même manière, ce qui est un cinglant désaveu du principe de l’égalité native, bien difficile à assumer et toutefois claironné. L’Église - qui ne s’en est jamais caché - à fort peu confiance en la nature humaine ; elle est dogmatique parce qu’elle craint que certaines idées dans certains cerveaux peu disposés à les recevoir ne provoquent la guerre civile. Au moins est-elle un peu plus cohérence que la religion du Progrès qui tente de nous faire passer les droits de l’homme pour du "droit naturel".