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Commentaire de maQiavel

sur Para Bellum #2 – La chute de l'Empire Aztèque


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maQiavel maQiavel 27 mars 2015 17:50

Une cause bien plus complexe de l’effondrement aztèque est fonctionnelle, et met en jeu l’ensemble du système idéologique, politique et économique de l’empire.

Pour comprendre la paralysie qui affecte la dynamique aztèque face à l’élan des envahisseurs, il faut analyser les fondements du système : jusqu’ à l’arrivée des Espagnols, le succès aztèque repose sur l’expansionnisme, les armées de l’empereur ne cessent d’étendre l’aire d’intégration au pouvoir central. Chaque province vaincue rachète sa liberté (linguistiques, religieuses institutionnelles) par le paiement d’un tribut qui vient enrichir le trésor impérial, en échange de l’impôt, les aztèques garantissent la protection des populations passées sous leur contrôle politique.

Cette dynamique serait liée à une classe sociale émergente particulièrement dynamique, les négociants, qui vient interférer dans le traditionnel partage des responsabilités entre religieux et militaires. Ces nouveaux riches vont accepter les perspectives d’association à la classe dirigeante aztèque et se retrouver au centre du pouvoir.

Mais cette réussite a un revers : les aztèques sont lancés malgré eux dans une dynamique qui les dépasse, elle les condamne à l’expansion car la prise en charge des territoires conquis exige des dépenses, dépenses qui doivent être couvertes par de nouvelles captures de richesses aux marges de l’empire.

Ainsi s’enchaine le processus de croissance du monde aztèque ; le pouvoir repose sur le développement et sur  la capacité perpétuelle des mexicains à intégrer des populations allogènes dans leur mouvement d’expansion.

 

Or voilà que se présentent aux portes de l’empire des hommes blancs, sujet d’un lointain et puissant monarque. Cette fois l’envahisseur est hors d’atteinte, du coup la machine se grippe et révèle son impuissance.

Derrière le calme apparent de la « pax azteca » se sont manifesté des dissidences régionales et même des ferments de révolte dans les régions soumises au tribut et ce sont ces sentiments sécessionnistes que Cortes a utilisé pour lever ses armées indigènes  (avec beaucoup de difficultés il est vrai) et marcher victorieusement.

Brusquement le mouvement s’inverse : l’extérieur investit l’intérieur, happé dans un mouvement d’aspiration, le monde aztèque périt impuissant à phagocyter un ennemi venu d’ ailleurs et va se satelliser autour de la couronne espagnole.


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