@un primate
Je serais curieux de savoir quelles conneries de sa part tu as repérées, Maq.
Je me permets de donner mon point de vue.
Delavier ne dit aucune connerie et son système est parfaitement cohérent... parfois trop, peut-être. Il tend à surestimer la valeur de la fonction. Or, on sait que certaines mutations ne répondent pas à une nécessité adaptative mais se produisent par simple distribution aléatoire : la nature lance des "ballons d’essai" et la sélection écarte ensuite les combinaisons les plus défavorables ou les plus coûteuses sur le plan énergétique. L’animal le plus adapté, le plus fonctionnel, n’est pas forcément le vainqueur du point de vue de l’évolution. Certaines créatures marécageuses ou abyssales qui n’ont pas évolué depuis des centaines de millions d’années sont "parfaites" si on retient seulement le critère fonctionnel. C’est le paradoxe de la disparition des espèces suradaptées à leur milieu : la moindre introduction d’une nouvelle variable dans l’environnement (incident cosmique, changement du climat, etc.) peut détrôner une espèce installée en haut de la pyramide évolutionniste ou réfugiée dans un sanctuaire écologique (pas de prédateur), voire entraîner sa disparition rapide (intégralité des dinosaures terrestres).
Delavier prête quasiment à la nature une sorte de rationalité intrinsèque... or c’est l’homme qui produit a posteriori cette rationalité en tentant d’interpréter la nature et d’y voir des lois immuables. En science, on appelle cela le biais cognitif de l’observateur (je crois) dont le regard et la présence altère toujours un peu les conditions d’observations ou d’expérimentation.