@maQiavel
Pour vous répondre en quelques mots : je pense que la nature ne fait rien au hasard, ce qu’il faut entendre comme suit : la "nature" est une grosse feignasse qui ne bosse pas gratuitement. Elle ne perd pas de temps à produire des choses qui ne servent à rien, elle va droit au bout, n’est pas "artiste", même si certains desseins nous demeurent obscurs.
Tout le règne animal a été "livré" avec un mode d’emploi rudimentaire intégré (un lot de fins prenant appui sur la nécessité), donc inconscient. La seule raison valable de croire que l’homme est à part est de faire intervenir la grâce divine. Or l’homme déroge au déterminisme pur : lui s’est éveillé à la conscience et a perdu son propre mode d’emploi, rudimentaire je le rappelle. C’est à la fois son drame et sa chance. Son drame car il est livré à lui-même ; sa chance car là se loge la possibilité d’un libre arbitre. À lui de jouer, mais il court deux risques. Le premier, c’est de retomber dans l’instinct total, le deuxième - qui nous guette davantage -, c’est de se détacher totalement de sa nature au point de prétendre qu’il peut se passer de mode d’emploi. C’est ce qui fait, selon moi, que nous sommes à l’heure actuelle de plus en plus azimutés (et je ne parle pas que de la France).
EG