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Commentaire de Joe Chip sur Audrey Crespo-Mara : nous sommes les caniches des américains ? Michel Onfray : "OUI" ! - Agoravox TV

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Commentaire de Joe Chip

sur Audrey Crespo-Mara : nous sommes les caniches des américains ? Michel Onfray : "OUI" !


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Joe Chip Joe Chip 13 septembre 2015 16:13

@maQiavel

Oui, c’était une erreur, mais la diplomatie chiraco-villepinienne n’était pas beaucoup meilleure, en vérité. Certains griefs des néocons américains étaient parfaitement fondés quant à l’évolution désastreuse des dictatures du Moyen-Orient et à la corruption sous-jacente d’un système pseudo-gaulliste qui se drapait hypocritement dans les oripeaux du tiers-mondisme (système pétrole contre nourriture, etc.). 

Chirac, même s’il avait raison sur le fond, a manqué de lucidité et n’a pas évalué correctement le rapport de force, tançant des européens de l’Est trop contents d’apparaître comme la "nouvelle Europe" et croyant vainement pouvoir empêcher l’intervention américaine. Je me demande, en outre, si cette décision était aussi souveraine qu’on a bien voulu le dire et si la France ne servait pas de simple para-tonnerre géopolitique à une série de régimes qui savaient très bien qu’ils seraient les prochains sur la liste. Ceci expliquant peut-être notre changement d’attitude à l’égard de ces mêmes régimes par la suite (je veux dire, sans tout réduire au "sionisme"). 

Je pense donc qu’il était inutile de brandir la menace du véto sachant que les Américains seraient passés outre : c’est ce qu’ils ont fait d’ailleurs. Les plus malins dans l’histoire ont été les Allemands et les Russes qui ont habilement défendu leur intérêt national au cours de cette crise, Poutine se distinguant par son cynisme assumé (avec Chirac en 2002, avec Bush en 2003). Je le répète mais la France n’y a rien gagné, sur aucun plan. Il fallait faire comme les Russes ou les Chinois : désapprouver sans menacer quand on sait que l’on n’a pas vraiment les moyens de s’opposer ou que le rapport de force sera défavorable. Le résultat aurait été, de toute façon, le même : la menace du véto était donc un acte de résistance symbolique qui nous a coûté extrêmement cher, avec une campagne de dénigrement anti-français menée par les Américains qui a totalement effacé le maigre bénéfice symbolique tiré de l’opposition à l’ONU. 

Après, je ne suis pas anti-américain primaire ; je ne pense pas que le but ontologique de la France soit de s’opposer aux Etats-Unis, avec lesquels nous partageons d’ailleurs une histoire complexe et commune. Les révolutions américaines et françaises sont à la fois jumelles et antagonistes.

Pour le dire plus brutalement encore, je ne suis pas un fétichiste du gaullisme. La grande réussite paradoxale du général de Gaulle - qui n’avait que la politique et la "place de la France" à la bouche - c’est en réalité sur le plan économique et productif qu’elle se situe, avec la transformation d’un pays rural et détruit par deux conflits mondiaux en une puissance technologique et industrielle capable de rivaliser dans de nombreux domaines avec des pays beaucoup plus puissants sur le papier. En revanche, sur le plan géopolitique, je comprends beaucoup moins l’enthousiasme : échec relatif de la politique de décolonisation, échec complet de la politique d’indépendance européenne (sans doute par excès de "nationalisme") puis de la tentative de rapprochement avec l’Allemagne (ajout du fameux préambule au traité de Paris rappelant les objectifs de l’Allemagne au sein de l’OTAN). Seule sa politique de troisième voix a connu, dans une certaine mesure, un véritable succès, en reconstituant l’aura particulière de la France à l’étranger.


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