@Avlula
Merci pour ta réponse constructive, je comprends bien la vision que tu exposes, comme quoi nous serions à la fin des temps, et qu’il ne peut plus y avoir
de recours politique pour soutenir la religion, il n’y aurait plus que des justes qui existeraient de manière disparate dans le monde sans soutien politique aucun.
Dans la lettre aux thessaloniciens, Saint Paul nous avertit d’ailleurs qu’une fois le Katéchon disparu, le mystère d’iniquité aura le champ libre,
on est en droit de penser le Katéchon a donc un role politique ou du moins moral jusqu’à ce qu’il disparaisse.
Si les catholiques français ont tendance a voir les choses autrement et à faire une autre analyse, c’est parce qu’il lie l’histoire de France avec le catholicisme, que tout cela est pour lui enchevêtré.
Il y a la bible, les évangiles, mais en plus la tradition catholique, les apparitions authentiques de la Vierge, les révélations privées, l’histoire de France.
Du coup le logiciel n’est pas le même que celui du protestant, il est afiné par tout un tas d’éléments extérieurs aux évangiles, dont certains sont clairement en attente, Parmi ces éléments, on pourrait citer la mission posthume de sainte Jeanne d’Arc, les promesses du Sacré Coeur de Jésus, les apparitions de Fatima, c’est peut-être à cause de tout cela, qu’on se sent moins à la fin même si on y est quand même ...
Et c’est d’ailleurs précisément dans le cadre du Sacré Coeur qu’on croit qu’il peut encore exister une solution politique, royale même, dans la mesure où la demande de Jésus a été faite au Roi de France, et que Jésus a aussi déclaré : "Je régnerai malgré mes ennemis"
Voilà pourquoi dans le fond, certains ont encore des attentes politiques, nous voulons voir le Règne Social de Notre Seigneur Jésus Christ, nous voulons voir le Sacré Coeur régner sur le monde.
Ce que tu soulignes sur la Vierge et sur la possibilité de Satan de nous jouer des tours m’intéresse beaucoup. On a beau être catholique, nous nous posons aussi des questions, et la sainte Vierge, ça reste quand même une question toute particulière, on pourrait penser que le Christ suffit, et on pourrait penser que ce culte supplémentaire lui fait de l’ombre, qu’il est postérieur, ajouté, inutile. C’est d’ailleurs grosso modo le reproche protestant, mais cette question existe aussi chez les catholiques qui n’auraient pas bien appréhendé le rôle de la Vierge Marie. Récitez des Ave Maria c’est bien, mais cela ne suffit pas à tout comprendre non plus, et souvent le catéchisme de base ne nous permet pas de bien saisir qui elle est.
Je vais essayer rapidement de démontrer par le raisonnement en quoi il est strictement impossible de faire le jeu du diable en faisant le jeu de Marie.
Si on veut comprendre Marie, il faut bosser un peu, mais ça va, pas besoin d’aller très loin non plus, beaucoup de spécialistes sont français (St Bernard, St Louis Grignon de Montfort ).
On reprocherait donc à Marie et à son culte de faire de l’ombre à son fils, ce qui est fort étrange pour cette femme si souvent représentée avec son fils dans les bras et qui semble nous le tendre !
Selon les dogmes récents catholiques, Marie est préservée du péché originel dès sa conception, Marie est présentée comme le terrain parfait qui va servir au mystère de l’incarnation.
Marie est donc favorisée pour que justement aucune ombre ne soit faite, aucune entrave ne soit posé pour l’avénement du fils de l’homme,
Dante dans la divine comédie fait dire ceci à St Bernard : "tu es celle qui a tant ennoblie l’humaine nature, que son créature ne dédaigna point de s’en revêtir."
Qui donc est Marie ? C’est une vierge du temple, face à l’ange gabriel, par son Fiat, elle montre sa totale obéissance, sa totale confiance en Dieu.
Marie va vivre cachée, avec Joseph, ils vont devoir fuire en Egypte, il est normal qu’il en soit ainsi car comme elle participe à l’oeuvre de son Fils, elle doit, elle aussi porter un bout de sa croix. Marie est là au tout début de l’avènement du Fils de l’homme, elle est là à Cana, elle est là pendant sa passion et même par la suite auprès des apôtres, mais elle est comme cachée, mise au second plan.
Les protestants qui se méfient du peu d’importance qu’elle a dans l’évangile ne comprennent pas que c’est là avant tout le signe de son humilité profonde, et de sa volonté de son vivant de ne pas vouloir faire de l’ombre à son fils.
Voyons comment réagissent certains qui ne feront croiser Jésus sur le chemin ne serait-ce que quelques instants, comment leur vie sera chamboulé, et bien Marie elle le connaît depuis ses débuts, elle sait très bien dans le secret l’oeuvre qu’il a à accomplir, elle est là toute joyeuse quand elle annonce a Elisabeth la venue du rédempteur et puis elle est là souffrante en bas de la croix.
Marie est donc la plus humble et la plus obéissante des créatures, ce sont les deux vertus mariales comme nous l’apprend Saint Louis Grignon de Montfort,
et là donc où ça coince en définitive avec l’approche protestante qui y voit du diabolique ou du païen, c’est que ces vertus sont en totale opposition avec les attributs de Satan qui lui n’est qu’orgueil et rébellion,
voila pourquoi Satan a tant à craindre d’elle, tout homme qui prendrait exemple sur Marie, qui voudrait s’approcher du Christ par les vertus mariales prendrait un ascendant terrible sur lui.
Si Dieu est venu au monde par Marie, le plus sûr chemin pour aller à Dieu est de passer également par Marie. Quelqu’un qui récite son rosaire quotidien, pose un problème impossible à résoudre pour le diable.
Donc il ne peut s’agir d’une invention du diable, bien au contraire, quand on a compris cela, on comprend pourquoi il a donc tout intérêt à faire en sorte que le culte marial soit dénigré.
Comme le dit Pierre Hilard : la première chose qu’on constate généralement dans l’hérésie, c’est la suppression du culte mariale. En effet, l’erreur ne peut pas fonctionner avec Marie, parce qu’en passant par elle on s’en rendrait compte tout de suite.
L’obéissance mariale ne permet pas le subjectivisme, ni le relativisme, or les protestants baignent dans tout cela, ils modèlent leur foi selon ce qui leur semble juste, selon leur idée de Dieu qui est toute personnelle, d’ou leur fragmentation en divers courants.
"Que ta volonté soit faite Seigneur ? ô non plutôt la mienne ! et arrange toi pour faire en sorte que ça colle au mieux, c’est toi le Dieu après tout !"
Alors que le catholique doit chercher jusqu’au bout à faire la volonté du Seigneur et non sa propre volonté.
Marie est donc une aide précieuse durant notre vie, c’est le chemin le plus sûr pour aller à son fils, c’est notre avocate au jour du jugement, c’est la co-rédemptrice en cela qu’elle nous montre son fils tout en voulant se faire la plus petite possible, la plus humble, quel magnifique secret une fois qu’on l’a saisi !
Marie, c’est la mère aimante, celle qui ne dispose pas de la justice comme son Fils mais qui n’a qu’un coeur et qui veut tout faire pour nous aider (Dante : Ta bonté non seulement secourt qui demande, mais d’elle-même, elle prévient le demander.),
Marie c’est celle qui se lamente quand les âmes se perdent par milliers, c’est celle qui est aussi plus terrible qu’une armée rangée en bataille quand il s’agit de protéger les siens (cf : le miracle de la Marne où elle empêche les troupes allemandes d’avancer sur Paris et qu’elle les met en fuite) ...