@Éric Guéguen
Et vous voudriez la dépasser ?
Mais bien sûr !
D’ailleurs, vous donnez vous même un élément de réponse, le fait qu’au delà d’un seuil, on s’en remet à "une poignée d’homme", à des êtres plutôt que des règles. Mais surtout, vous écrivez en vous appuyant sur Rousseau qui jugeait le monde de son époque et non du notre, qu’au delà de la cité, c’est déjà impossible, toujours en raison au fait de devoir s’en remettre à des représentants.
Moi, j’aime bien la formule de Balavoine disant dans une de ses chansons que "les lois ne font pas (il dit plus) les hommes, mais quelques hommes font la loi. Et c’est bien là une constante de l’histoire, le fait que ce soit quelques uns qui font les lois (le terme est impropre, mais il est de suite compris) pour tous les autres et évidemment, les ferons dans le sens de leur intérêt particulier et non général, que vous préférez par le terme de "biens communs".
La question est ici, de savoir s’il est possible d’édicter des règles communes qui s’imposent à tous sans exceptions aucunes, donc, où il n’est plus nécessaire de faire appel à des représentants pour définir les règles communes et la réponse est oui. Je ne vais pas développer, le mieux est de lire mes articles (qui ne font que présenter le principe), mais le principe repose sur l’équilibre entre droits et devoirs, sachant que tout droit implique un devoir et tout devoir applique un droit. Bon, je laisse de coté le développement, je ne l’ai pas encore vraiment fait, car pratiquement personne n’a encore dépassé le stade simple.
Pour la correction que vous apportez sur le mot "prédisposer", vous avez raison, le mot juste est "présumer".
Pour ce qui est du "droit", celui ci dépend de la souveraineté, mais laissons de coté, je vous ferai simplement remarquer qu’il n’existe pas de droits sans devoirs, c’est une des raisons pour laquelle la charte universelle des droits de l’homme a été signé par toutes les dictatures du monde, parce que n’ayant pas obligation à les appliquer, ils existent en théorie, mais pas en pratique (c’est d’ailleurs bien connu que tant qu’il n’y a pas de décret d’application, le droit reconnu n’existe pas dans les faits). J’ai écris un article pour l’expliquer de manière simpliste.
Pour ce qui est de l’intérêt général, il ne peut en aucune manière être la somme des intérêts particuliers, c’est encore un pur sophisme utilisé pour maintenir les gens dans la dissonance cognitive (comme dire qu’il y aurait des droits sans devoirs avec l’idée de droits "naturels" sans devoirs tout aussi naturels) En effet, stricto sensu, la somme des intérêts particuliers signifie qu’il n’existe pas d’intérêts général ! en fait, l’intérêt général ne peut exister qu’en étant la somme des utilités particulières. Ici, l’intérêt particulier se trouve dans sa capacité à servir l’intérêt général par son utilité particulière. Bon, je ne développe pas plus.
Pour votre point 2, le contrat social est définit par la charte des
droits de l’homme, mais l’oubli des devoirs correspondant le rend
caduque de fait. Les philosophes des lumières savaient ce qu’ils
voulaient et ce n’est pas la démocratie, mais la dictature, celle de
leur classe bourgeoise. Bon, là aussi je ne développerait pas, vous
trouverez des éléments de réponses dans mes articles traitant de la
responsabilité, toujours en mode simple. Idem pour la notion de libre
arbitre, trop complexe pour l’aborder dans un commentaire. Mais disons simplement que le concept de libre arbitre en société n’a rien à voir avec celui en dehors d’elle.
enfin,
la différence entre l’égalité et l’équité serait pour moi, entre le
relatif et l’absolu. L’égalité étant vue comme un absolu, consistant à
donner la même chose à tous sans discernement, tandis que l’équité est
relatif, relationnel, donc, selon les besoins et désirs de chacun.
La quasi totalité des philosophes étaient et sont, soit des nobles, soit des religieux, soit enfin des bourgeois, donc, ceux qui pensent le monde de manière à imposer leur propre domination et non dans un souci de justice sociale. Ce que ne comprennent pas encore les prolétaires, c’est qu’en dessous eux, il n’y a personne, contrairement aux autres qui ne faisaient que s’inviter à la table des maîtres.
Mais l’évolution récente de l’humanité peut se résumer ainsi :
nature du pouvoir = souveraineté -> propriété -> responsabilité
Forme de pouvoir = personnelle -> collégiale -> universelle
Equilibre du pouvoir = Devoir dominant -> droits domine -> droit = devoir
là encore, on reste dans le mode simple, car ni la souveraineté, ni la propriété disparaissent, elles évoluent vers leur état, disons "normalisé", dans une société mature.