@maQiavel
Une hypothèse démontrée n’est plus une hypothèse, mais un axiome ou une vérité. Enfin, on ne va pas jouer sur les mots, ça pourrait être sans fin.
Sinon, j’insiste, je n’ai pas dit qu’Erdogan avait organisé lui-même le coup d’Etat. J’ai dit que l’échec de sa politique avait enhardi une partie de l’opposition dans l’armée ; qu’il en avait sans doute eu vent (ainsi que certaines ambassades étrangères) et décidé d’exploiter la situation à son avantage dans le but de réaffirmer son autorité dans une situation politique difficile. L’armée turque a, à juste titre, une excellente réputation (je veux dire en termes d’efficacité opérationnelle). Les images de soldats aguerris se faisant bastonner par des civils parce qu’il n’y avait pas d’infanterie en soutien des chars sont pour le moins surprenantes.
Concernant le virage à 180 °, c’est une expression. Je voulais simplement dire que la politique d’Erdogan a changé ces dernières semaines vis-à-vis de Moscou et de Damas. Et ce changement rééquilibre la politique de la Turquie, je ne vois pas ce qu’il y’a de difficile à comprendre là dedans …
J’ai expliqué pourquoi je ne partageais pas cette vision des choses, donc il est inutile d’approfondir un désaccord.
Et c’est ce que je dis plus haut : ce rééquilibrage est le résultat de la politique catastrophique d’Erdogan qui s’est retourné contre lui, surtout concernant la question Kurde, raison pour laquelle il a engagé un réchauffement des relations de la Turquie avec Moscou et Damas.
Je n’ai pas voulu employer le terme d’humiliation jusque-là, mais c’est bien de ce dont il s’agissait avec Poutine qui avait déclaré il y a quelques mois qu’il ferait ramper Erdogan, en termes diplomatiques bien sûr, mais c’est ça que ça voulait dire. Quand vous écrasez le pied d’un type avec lequel vous n’êtes pas d’accord, et que celui-ci, en échange, vous colle une baffe, et que vous lui présentez des excuses, il me semble que le mot "réchauffement" pour décrire le retour à une relation pacifiée est un euphémisme. Et je ne dis pas ça par haine mesquine contre Erdogan, Poutine a fait la même à Sarkozy quand celui-ci est venu lui chauffer les oreilles avec les "droits de l’homme".
Les médias russes n’y vont pas par quatre chemins :
https://fr.sputniknews.com/international/201602131021724543-Erdogan-guerre-syrie/
(et confirme ma vision des choses)
Vous avez quelque chose sur le réchauffement avec Damas ? Ca me surpend effectivement ! Ca voudrait vraiment dire qu’Erdogan était à cour d’options en matière de poltique étrangère, justifiant donc ce serrage de vis à l’intérieur du pays.
------> Beaucoup de choses si on considère que l’objectif que s’étaient fixé la classe dirigeante américaine à l’effondrement du bloc soviétique était de jouer le rôle d’hégémon , de tenir leur rôle de “nation indispensable” ou “référence exceptionnelle”, absolument nécessaire au règlement de tous les contentieux et querelles de par le vaste monde.
Hum... sur ce plan les USA conservent un rôle dominant, et Moscou d’ailleurs ne peut faire qu’illusion. Les seuls à pouvoir contester sérieusement la puissance américaine, ce sont les Chinois, et ils procèdent d’ailleurs de façon beaucoup plus méthodique, étape par étape, là où Poutine a besoin symboliquement de rechercher la confrontation avec les Américains pour justifier sa stature. Je crois que les Américains ont fini par le comprendre et sont désormais résolus à le "gérer" en attendant qu’il dégage.