Je n’ai
pas encore visionné les vidéos (ce que je ferai dès que j’aurai le temps) mais
je me permets de donner mon point de vue sur le libre-arbitre, quitte à ce que
mon point de vue soit modifié par ce que j’aurai appris en visionnant ces
vidéos.
Il y a
quelques mois j’ai lu un article, sur internet, traitant d’une étude concernant le problème du libre-arbitre : tout choix
serait déterminé de manière inconsciente, avant la prise de conscience du choix
et l’effectuation par le sujet dudit choix. Je cite une partie de l’article :
« Selon la déclaration des
chercheurs dans un commentaire sur leur étude, ils s’étaient concentrés sur la
possibilité qu’un choix apparaisse dans le subconscient humain bien avant qu’il
soit effectué en réalité. Selon Adam Bear, université de Yale, et Paul Bloom
(revues Psychological science, et Scientific american), il est probable qu’au
moment de faire un choix, le cerveau humain réécrive l’histoire afin de tromper
son porteur : ce dernier se met à penser que ce choix a été pris dès le début,
bien qu’en réalité il ait été sélectionné après analyse de ses conséquences au
niveau du subconscient. »
D’un point
de vue philosophique, on connaît les thèses qui s’opposent, et les auteurs qui
s’affrontent : Descartes et Spinoza. Spinoza a, certes, réfuté les tenants
du libre-arbitre (Descartes, notamment). Mais il parlait du libre-arbitre
vulgaire, spontané, irréfléchi. Ce libre-arbitre, en effet, est une illusion. En
revanche, il existe un libre-arbitre pour l’homme qui fait usage de sa raison
et qui donc s’affranchit des préjugés : c’est la liberté de la connaissance, celle du troisième genre de connaissance.
Pour revenir à l’article dont j’ai cité un passage :
Je ne
vois pas en quoi ça changerait fondamentalement le problème : qu’un choix
prenne naissance dans le magma du subconscient avant de se frayer un chemin
jusqu’à la conscience, ne remet pas en question la capacité de choisir parmi
plusieurs scénarios possibles. Il y a un film qui pose bien ce problème du
libre arbitre, c’est "Minority report". La question que pose le héros
"Qu’allez-vous faire maintenant ?" montre que le choix qui va être
fait n’est pas nécessairement le plus probable, et qu’il n’est pas la simple
résultante d’un déterminisme plus puissant que les autres. L’erreur consisterait,
après ce choix effectué, à croire, par une illusion rétrospective, que ce choix
devait nécessairement se produire puisqu’il s’est produit et qu’il est pour
ainsi dire "sorti vainqueur" des autres déterminismes avec lesquels
il était en concurrence.
Remarque
: il faut rappeler que le subconscient n’est pas matériel, c’est une hypothèse
de travail, ou alors il faut me dire où il se trouve... Donc cette publication
prend des allures scientifiques alors qu’elle est métaphysique, je veux dire
par là qu’elle est plus psychanalytique que scientifique.
Autre
remarque : dans une liberté d’indifférence (celle du fameux âne de Buridan)
du type « Choisissez une carte », ou même « choisissez une
image », il est possible que les raisons de ce choix nous soient obscures
et qu’il faille recourir à une explication faisant appel au subconscient. Mais
doit-on prendre pour modèle du libre-arbitre le choix indifférent et sans
motivation ? Lorsque je choisis une carte au hasard, est-ce que j’exerce
mon libre-arbitre ? Certainement pas puisque je ne sais pas pourquoi j’ai
choisi cette carte plutôt qu’une autre. Si les cartes me sont présentées en
éventail, je choisis une position, variant entre le milieu et les extrêmités de
l’éventail de cartes. Choisir entre des positions qui n’ont aucune
signification pour moi, est-ce là l’expression d’un libre-arbitre ? Est-ce
donc l’expression d’un déterminisme ? Peut-être, mais ça n’a aucun intérêt
puisque mon choix est aléatoire et sans signification. Et quand je choisis une
image parmi d’autres images qui me sont proposées, mon choix peut alors
s’expliquer par des inclinations et des déterminations plus ou moins
subconscientes. Mais est-il pour autant représentatif de ce qu’est le
libre-arbitre ?