@Zatara
Ca devient vraiment raide par ici. Tu interprètes au premier degré un post de 10 lignes où je compare en gros le binge watching solitaire à de la masturbation ("tirage de nouille"). Mon propos n’était pas sensé être pris au sérieux mais ta réaction pleine de subtilité montre que j’ai sans doute touché un point sensible. Loin de moi l’idée de vouloir t’empêcher de mater des séries US ou de te torcher le cul avec du papier molleton double épaisseur de chez carrefour, tout en continuant à fustiger le monde occidental sur Ago, sois rassuré (attention, humour).
Par ailleurs, quand je critique ceux qui dénoncent à tout propos le "matérialisme", je ne crois pas fustiger les privilégies qui possèdent un chauffe-eau (raisonnement par l’absurde) afin d’accéder à un niveau de confort élémentaire. Au passage, je trouve ça curieux de mettre au même niveau des pratiques culturelles comme le binge watching de séries US avec des biens de consommation strictement utilitaires.
Ceci étant dit, si le rapport entre une "fiction bien foutue" et le "système économique mondial" ne t’apparaît pas aussi distinctement qu’une traînée de chemtrails sur un ciel d’azur (humour), tu devrais te demander pourquoi Hollywood investit chaque année des sommes colossales dans l’écriture de série et de scénarios. Sans doute dans le seul but de distraire gratuitement des millions d’internautes adeptes du streaming ?
Quand certains (désolé si tu t’es senti interpellé, je ne pensais même pas à toi en plus et à vrai dire à personne en particulier puisque je plaisantais) ont pris l’habitude de dénoncer le soft power américain, de critiquer en des termes souvent orduriers (métaphore sexuelle sur la soumission, etc.) l’américanisation de la France ou l’ingérence tentaculaire des USA dans tous les domaines - culturel, alimentaire, juridiques, commercial, industriel, etc. - je trouve que cet angle mort de la critique des USA préservant le visionnage compulsif de séries américaines constitue une exception amusante, mais sans plus. Au contraire, je trouve cela plutôt réconfortant que l’idéologie finisse toujours par concéder à la pratique et au plaisir.
La fiction, il n’y a rien de plus important ni de plus sérieux car quand elle est faite dans les règles de l’art elle entrouvre une porte dans l’esprit des téléspectateurs, quels que soient leur origine ou leur système de croyance préalable. Je ne connais pas Breaking Bad mais je sais par avance que tout le monde pourra y trouver son compte : libéraux, antiaméricains, nazis, japonais... c’est cela qui fait la force des productions américaines.
À croire que porter des critiques sur la société actuelle doit mener à une rupture radicale avec la société dans laquelle nous vivons, à un rejet total et absolu. Faudrait revenir au mode de vie de chasseur ceuilleurs nomades.
Si c’est adressé à moi, le fait d’ironiser sur les contradictions réelles ou exagérées des "zantisystèmes zantiaméricains" ne signifie pas que j’adhère à cette vision caricaturale des choses (mais je rajouterai des smileys la prochaine fois, promis). Je ne vois d’ailleurs pas en quoi le fait de railler les postures de certains antiaméricains ou le puritanisme délirant des "dissidents" du web s’assimilerait à une volonté de délégitimer toute personne "portant des critiques de la société actuelle" ou de les renvoyer au paléolithique. Faut arrêter de tout dialectiser.