@Gollum
La courtoisie c’est surtout un phénomène culturel qui correspond à la fin de l’âge d’or de la chevalerie. Les types sont désoeuvrés, l’héroïsme furieux des chevaliers se jetant sur l’ennemi est d’autant plus célébré dans la littérature qu’il a été à l’origine de déroutes militaires qui ont menacé un temps l’existence même du royaume. Toute la noblesse franque a été décimée sur les champs de bataille de la guerre de cent ans. A partir du XIVème siècle, elle est remplacée par une noblesse de robe qui ne cessera de prendre de l’importance au détriment de l’aristocratie guerrière. Cette idéalisation de la chevalerie d’antan est à la base du roman moderne (Don Quichotte).
Donc il est pour le moins paradoxal, mais révélateur, que l’idéal de "virilité" des réacs soit construit sur l’exaltation de fantasmes et de chimères qui, à l’époque, avaient précisément pour objet de sublimer la déchéance de la chevalerie à travers la célébration des valeurs courtoises : désintéressement, ascèse, patiente, abnégation confinant à l’oubli de soi... la surcompensation symbolique est évidente.
Evidemment, les vrais chevaliers ne vivaient pas comme ça, ils étaient violents, incontrôlables et impétueux, comme le démontrent toutes les tentatives de l’Eglise pour canaliser leur violence en codifiant la pratique de la guerre.