@maQiavel
"c’est surtout qu’elles sont hérétiques ."
Où comment inverser la situation en faisant passer les autres pour de vilains inquisiteurs mangeurs de bébés des gentils croyants (ça marche aussi dans ce sens
).
En réalité la vraie question posée par ces thèses est celui de l’impact : Il y a des croyances qui n’en n’ont pas ou peu (la Terre plate, les hypothèses alternatives à la construction de certains monuments, croire au pouvoir des sourciers, etc...).Il n’est que très rarement (en principe jamais) question de juger les croyants dans une démarche sceptique mais plutôt de donner une capacité d’appropriation à la critique du savoir en s’appuyant sur un certain nombre de sujets.
D’autres croyances posent davantage de questions (comme interdire l’enseignement d’une théorie qui tient la route vs. une hypothèse qui est le fruit d’une croyance pure ... porte ouverte à d’autres censures) et enfin d’autres ont des conséquences réelles (certaines thérapies à l’efficacité douteuse voire nulle voire dangereuse) et mêmes graves (refus catégorique du recours à la médecine pour soigner un enfant malade, mutilation, etc.). Le fait est que ces croyances, contre toute attente et malgré l’accumulation de savoir, ne déclinent pas. On assiste même à une prolifération de théories alternatives pour tout (y compris ce qui est archi démontré). Elles sont donc toujours un sujet de discussion.
Enfin, en faire une question propre aux sociétés occidentales modernes et voler au secours des croyances révèle quelque chose de plus profond, une "agitation pas très normale". Le fait que soient critiquées des croyances et leurs conséquences est semble-t-il perçu comme une agression envers les croyants eux-mêmes... cequi est comique quand on considère la réalité des choses : ce sont les croyants qui cherchent à imposer aux autres leurs idées et jamais l’inverse. On assiste à une sorte de resacralisation (pas nouvelle... on a eu la même chose dans les années 60-70 et même avant) perçue comme indispensable par certains comme une issue logique de la critique radicale et légitime du matérialisme. Cette focalisation sur l’occident alors qu’il se passe exactement la même chose ailleurs - Moyen-Orient, Asie, Afrique...- voire pire, est un aspect spécial de la question qui relève d’une étrange auto-flagellation.