@Belenos
Vous avez raison, il convient de prendre des cas de figure très concrets afin de pouvoir débattre. Je rappelle que la question de fond est de savoir si la raison, lorsqu’elle est opérante, est toujours le meilleur choix possible pour nous guider au-travers de nos choix.
Alors je vais prendre un exemple très précis qui est en lien avec la notion de "sacrifice par amour" que j’évoquais. Prenons le choix politique qu’a fait le Maréchal Pétain de la collaboration avec l’ennemi dès 1940. Personnellement, je considère que c’était un mauvais choix mais peut-on pour autant dire que ce choix était "déraisonnable" ? En 1940, suite à une debâcle telle que le pays s’est retrouvé complètement à genoux, est-ce que la raison n’était pas du côté de Pétain de decider de collaborer ? N’était-ce pas un choix mûrement réfléchi, compte-tenu du contexte ; des forces en presence, des pertes humaines, etc...
A contrario, est-ce que le choix de certains d’entrer dès 1940 en résistance était réellement motivé par un choix "raisonnable", c’est à dire en pesant réellement les risques non seulement à titre personnel mais également à titre collectif ? N’était-ce pas plutôt un choix "de coeur", par pur patriotisme au peril de leur vie ? Osons le mot : n’était-ce pas même une "folie" ? Et ce choix s’est-il révélé mauvais par la suite ?
Contrairement à l’impression que cela peut peut-être donner, je n’ai pas de réponses clés en main aux questions que je pose ici mais il me semble tout de même que le fait de privilégier la raison en toute circonstance ne soit pas systématiquement le meilleur choix possible, notamment lorsque nous sommes confrontés à des situations exceptionnelles.