@maQiavel
"Pour commencer, je ne crois pas que des ennemis des droits fondamentaux puissent s’en servir pour les abolir. Si c’était le cas, cela voudrait dire que ces droits fondamentaux sont de mauvais principes d’organisation."
Pour les autres points, je suis globalement d’accord avec vous, mais celui-ci mérite une attention particulière. La théorie que vous décrivez est peut-être vraie au niveau endogène sans l’être dans le cas d’une agression extérieure. Les droits fondamentaux sont un peu un système immunitaire et bien qu’il soit effectivement délicat de proposer un remède remettant en cause le système immunitaire, il faut aussi tenir compte du fait que certains agents pathogènes profitent précisément des opportunités ouvertes par des anomalies auto-immunes (par exemple le sida). Le cas le plus évident de ce que je décris au niveau politique est la non-violence radicale : ça peut marcher de manière interne et effectivement réduire la violence en donnant le sentiment que c’est un bon principe d’organisation au bout de quelques générations, dans une société donnée. Mais ça ne fonctionnera pas pour arrêter l’armée étrangère qui surgit de l’extérieur pour piller, violer, tuer et conquérir.
Il y a aussi autre chose : Des lois doivent parfois être formulées clairement pour des populations étrangères qui n’ont pas intégré les principes tacites de leur pays d’accueil. Par exemple, dans un pays où personne ne crache par terre par éducation, pas besoin de loi interdisant le crachat. Mais si ce pays accueille des cracheurs par culture ancestrale, il faudra une telle loi. Ce n’est pas au pays d’accueil de tolérer la pratique du crachat sous prétexte qu’il faut être culturellement tolérant. Ni aux nouveaux venus de se fonder sur le fait qu’il n’existe pas de loi interdisant le crachat... pour tenter de transformer cette absence en un droit positif de cracher.