@Saladin
Le terme "génocide" appliqué aux population autochtones d’Amérique est injustifié. Les études démographiques sont formelles : la plupart des civilisations précolombiennes étaient décadentes ou déclinantes sur le plan démographique bien avant l’arrivée des Européens, et ce pour des raisons endogènes. Certaines populations avaient déjà disparu avant même que le premier Européen ne pose le pied sur les côtes d’"Amérique".
C’est d’ailleurs ce qui explique en partie la relative facilité avec laquelle quelques milliers d’Européens ont pu assujettir ces peuples, en profitant en outre de leurs multiples divisions (quand on ne peut pas s’unir face à un ennemi commun, c’est la défaite assurée).
L’autre raison est épidémiologique. La plupart des populations autochtones ont disparu en raison des épidémies et autres bactéries apportées par les Européens, dont le système immunitaire était beaucoup plus résistant que celui des autochtones. Cette immunité plus vigoureuse s’explique par le fait que l’Europe de l’époque avait un climat moyen beaucoup plus froid ("petit âge glaciaire") et par l’intensité des échanges commerciaux et culturels entre les différents peuples européens favorisant la diffusion des épidémies et donc, par ricochet, de l’immunité génétique au sein de ces populations.
A l’inverse les peuplades autochtones d’Amérique vivaient dans une autarcie relative, "sous cloche" pour ainsi dire, préservée des épidémies par la faible intensité des échanges dont la conséquence était une réponse immunitaire plus faible que celle des Européens. Le cliché naïf du "bon sauvage" vivant à demi-nu dans une nature tempérée et prodigue, préservé de la souillure morale et physique de la civilisation urbaine, est sans doute une métaphore de cette réalité.
Avec le temps, les populations autochtones ont fini par développer une résistance immunitaire adéquate, mais ce processus a pris deux siècles et le déclin démographique, quand il ne fut pas irrémédiable, n’a été enrayé qu’au cours du XIXème siècle, souvent d’ailleurs grâce aux efforts des pasteurs et prêtres européens. C’est une des raisons pour lesquelles certaines populations ont été cantonnées dans des réserves....
A noter que ces épidémies se sont développées bien avant l’arrivée massive des colons européens et les épisodes (tardifs et historiquement peu étayés) de distribution de couverture contaminés à la variole (comment répandre le virus de la variole par un moyen aussi rudimentaire sans courir le risque d’être infecté soi-même ?)
La civilisation indienne, pour le dire par une métaphore visuelle filée à la fin de l’excellent film de Mel Gibson (Apocalyto) était à bout de souffle quand les grands voiliers européens marqués de la croix sont arrivés. Matériellement, culturellement, démographiquement, biologiquement même... cela ne justifie en rien les innombrables exactions commises par les Européens mais permet en tout cas d’en cerner l’ampleur exacte en relativisant les fantasmes de la propagande anti-occidentale et les revendications induites par l’entreprise de victimisation généralisée visant à faire de tous les peuples vaincus ou dominés par les Européens des victimes historiques des méchants blancs et du vilain capitalisme.
On peut certainement parler dans certains cas d’ethnocide, mais il n’y a pas eu de génocide de masse des peuplades autochtones en Amérique. Et puis en Amérique française l’histoire était bien différente puisque les colons français (peu nombreux) ont vécu pendant plus de deux siècles en paix voire en harmonie avec les Indiens. D’ailleurs, ils ont fini par subir le même sort que les Indiens aux mains des Anglais après la perte de la Nouvelle-France...