@maQiavel
"Et puis il y’a une autre difficulté dans cette analogie avec la maladie : il faut partir du postulat qu’il existerait un état idéologique sain et malsain comme en médecine il existe la santé et la maladie. Le problème est que ce postulat est lui-même idéologique, voir métaphysique. C’est-à-dire que celui qui décrète la pathologie d’une idéologie ne parle que d’un point de vue idéologique, que d’autres pourraient aussi décréter pathologique. On débouche sur une aporie."
La notion de "sain" et de "malsain" est aussi partiellement idéologique en médecine. Par exemple l’homosexualité a longtemps été considérée comme une maladie au niveau international. On pourrait donner bien d’autres exemples. Là encore il faut prendre garde à ne pas croire qu’en médecine ce serait totalement objectif et qu’en matière d’idéologie ce serait totalement subjectif. Il y a autant de subjectivité et d’objectivité en recherche et pratique médicales que dans les études sur les idéologies. Une relative objectivité est raisonnablement acceptable dans les deux cas. Par exemple on considérera qu’une maladie est objectivement mortelle quand elle conduit objectivement à la mort. Et c’est la même chose pour une idéologie que l’on qualifiera de criminelle si elle appelle formellement au meurtre.