@Belenos
J’ai au contraire tendance à penser qu’il est parfois plus simple de déterminer la façon (les façons) dont une foule d’individus (des milliers, des millions) sont exécutés que dans le cas d’un seul individu.
Dans le cas de massacre de masse on ne va pas essayer de savoir comment chaque individu a été tué (travail quasi impossible si cela concerne des milliers voire des millions d’individus) mais comment des masses d’individus ont été tués (fusillades collectives, mort de faim, exécutions, gazage par camions, gazage en chambre à gaz...) on n’attend pas des historiens qu’ils retrouvent le parcours exact des millions de victimes déportées puis exterminées (vu la destruction de nombreux documents par les Nazis ce travail de fourmi peut aboutir pour certains déportés mais pas pour tous) mais qu’ils déterminent les différents modes opératoires utilisés...
Pour faire une comparaison (que vous pouvez contester) quand on essaye de faire le bilan de la bataille de Verdun on sait que beaucoup de soldats (la majorité il me semble) ont été tués par l’artillerie mais bien sur aucun historien ne sera capable de vous dire dans quelle proportion exacte et dans quelles circonstances exactes les soldats ont été tués par obus... et encore moins chaque soldat... c’est un peu pareil dans le cas des chambres à gaz... on sait avec certitude que beaucoup de déportés ont été tués par ce procédé mais vu le nombre de cas et le manque d’archives intactes difficile d’être hyperprécis...
Alors qu’à la limite si cette hyperprécision vous auriez plus de chance de l’obtenir dans le cas d’un seul individu (type Robespierre mourant sur l’échafaud... je n’ai lu nul part qu’on l’aurait guillotiné déjà mort)... certaines morts en revanche peuvent donner lieu à de nombreuses controverses... car n’est-ce pas plus simple (dans certains cas type Napoléon) justement de contester la manière dont une personne est morte que la manière dont plusieurs milliers ou millions de personnes sont mortes ?
En effet si on est pas absolument certain de la manière dont Napoléon est mort on sait en revanche avec certitude que pendant la campagne de Russie sur les centaines de milliers de soldats de la Grande armée une proportion importante a succombé du froid (mais pas combien exactement ni dans quelles circonstances précises pour chaque mort de froid)...