@Je passais par là
J’ai appris
à ne pas faire totalement confiance en mes premiers instincts, le premier
réflexe qu’on a généralement, c’est de les rationnaliser pour leur donner un
sens et à la fin, on a tellement de certitudes qu’on a tendance à oublier qu’on
part d’une impression qui peut être fausse. Je suis comme tout le monde, j’ai parfois
des réactions épidermiques, mais il faut réussir à les remettre en question et souvent
le simple fait d’explorer la perspective de ceux qui ont des opinions différentes
des siennes y aide beaucoup.
Pour ce qui
est de l’usage du « négationnisme », il est selon moi l’expression de l’incompréhension
des raisonnement probabilistes. Ce n’est pas parce que la communauté scientifique
a une grande confiance dans le fait que l’activité humaine est la cause du
réchauffement climatique que ça en fait une certitude absolue. Ça veut
simplement dire que c’est très probable ( et dans ce cas, cette probabilité
dépasse les 90 %). Et lorsqu’on commence à raisonner en termes de certitude
absolues, on glisse vers le raisonnement pseudo-religieux et on traite en
hérétique ceux qui n’adhèrent pas au dogme. C’est ça le « négationnisme »,
c’est le nouveau mot pour « hérésie ». Il faut prendre en compte le fait qu’il existe des incertitudes
inhérentes à la science et celle du climat ne fait pas exception, quand bien même
il y’a moins de 10 % de chance que le consensus scientifique en la matière soit
faux, ce n’est pas négligeable. Même s’il y’a un grand nombre d’études qui
attestent de l’origine anthropique du réchauffement, il y’en a aussi qui le
contestent, bien qu’elles soient marginales. Je ne doute pas du fait qu’il
existe des escrocs chez les climato-sceptiques mais il en existe aussi de l’autre
côté. Il ne faut pas tomber dans ce que Roger
Cooke, un analyste des risques, nomme « le
piège de la confiance ».