L’erreur historique de l’exposé d’Attali -qui est désormais le roman national officiel- est de mentionner une continuité du peuple juif dans l’histoire depuis 3000 ans.
En fait, il a existé en tant que peuple-nation jusqu’à l’effacement de la nation par les romains, et l’assimilation ou la dispersion du peuple de Judée.
Pendant près de deux millénaires,
il a alors subsisté des communautés religieuses judaïques dans plusieurs régions du monde (on dit désormais des "clusters") mêlant des descendant de judéens et des convertis autochtones. Le rite et les traditions portées par la religion sont restées communes, mais les liens bien plus ténus, notamment entre ceux des pays slaves, et du contour méditerranéen.
Il y a eu résurgence de la perception collective en tant que peuple au 19ème siècle, avec en partie une sécularisation des communautés juives, la religion restant le "fil rouge" mais n’étant plus le lien unique (auparavant, un juif coupé de sa religion perdait sa judéité). En même temps apparaissait un sentiment national, la resécularisation de la "terre promise", cette idée nationale initialement minoritaire a mis un demi siècle à s’implanter largement, catalysé par le besoin d’un "foyer" d’accueil face à l’hostilité puis les persécutions.