@micnet
Et dans ce cas, la question qui se pose est la suivante : est-ce que l’homme pourrait adopter sur le long terme un principe par essence malveillante ?
Bien évidemment. Ton idée, assez sentimentaliste, du christianisme qui dure, parce que divin, c’est du sentimentalisme.
Idem pour une vie individuelle. Oui un individu peut rester longtemps, très longtemps, sous l’emprise d’idées, de comportements, toxiques pour lui même ou pour les autres..
Là encore, la vieille vision antique du tragique, vaccine contre ces idées sentimentales..
Idées sentimentales qui viennent du christianisme et de l’idée du dieu bon.
Parce que l’on a confondu deux registres. Dieu est bon de façon globale mais pas individuelle. Et le christianisme a véhiculé l’idée que Dieu est bon pour l’homme individuel. Or rien n’est plus faux. Et on le voit partout. Dieu n’a pas empêché le mal, jamais, de se répandre.. Il peut y avoir du mieux à certaines époques mais rien ne garantit qu’on ne régresse pas.
Ce sont d’ailleurs ces sentimentalité bisounours qui nous empêchent de considérer la possibilité d’une catastrophe de civilisation. Les gens ne remettent pas en cause l’idée de progrès héritée du biblisme. La fameuse révélation progressive qui va déboucher sur le paradis. Le messianisme américain s’est emparé de cette idée pour la faire sienne et s’arroger l’idée de la nation élue à la place de Juda. Hitler a voulu faire de même. Le marxisme est aussi un messianisme, issu d’un esprit juif d’ailleurs, qui promet un monde sans mal et sans conflit.
Comme celui de la Bible où l’on voit un lion manger du foin à côté d’un agneau.
Alors que le Bouddhisme, pour prendre un exemple, ne peut pas avoir ce sentimentalisme puisque pour lui, tout est impermanent.
Donc tout peut toujours être détruit à tout moment. Et c’est bien ce que nous montre la science moderne avec des étoiles qui naissent et meurent à tout moment.
Le christianisme, au fond, a confondu éternité et perpétuité.
De la même façon il a profané l’idée d’égalité des hommes (et je rajoute de tous les êtres vivants) en Dieu en égalité des hommes sur le plan temporel.