@tous
En fait, après relecture de nos échanges sur la "religion des faibles" VS "religion des forts", je crois comprendre ce qui nous sépare et, comme souvent, je pense que c’est une question de ressenti personnel. (vous me direz si vous êtes d’accord avec la présentation qui va suivre)
Finalement, ce qui dérange un païen (ou un antichrétien de manière générale) dans la religion chrétienne, c’est que Jésus n’est pas présenté comme un "surhomme" or ce qui fascine la plupart des hommes, c’est justement la puissance ! La puissance, le pouvoir, la force surhumaine ou surnaturelle voilà ce qui constitue la mythologie au sens large et le "Graal" à atteindre ! Mais Jésus ne répond pas à ces critères. Pire, il refuse systématiquement toute démonstration de puissance et lorsqu’il consent à faire des miracles, c’est uniquement par pitié et par esprit de guérison et non par désir d’épater la galerie.
Dans les Evangiles, nombreux sont les passages où les gens attendent de la part de Jésus qu’il manifeste son pouvoir et qu’il prouve qu’il est réellement le Fils de Dieu. Ce qu’il ne fait jamais.
Partant de là, il est tout à fait logique que ceux qui entrevoient la divinité comme une puissance surnaturelle soient déroutées par les Evangiles et qu’ils considèrent qu’il s’agit là d’une religion de faibles.
D’ailleurs, votre réaction concernant le moine qui reste impassible face aux flammes est à cet égard révélatrice : c’est bien le côté surnaturel qui vous fascine (et ce n’est pas du tout un reproche, c’est juste un constat).
Or chez Jésus, ce n’est effectivement pas sa puissance divine qui est mise en avant dans les évangiles mais son humanité ! On n’a pas à faire à un personnage impassible et sans émotions toujours maître de lui en toute circonstance mais au contraire à quelqu’un qui apparaît comme un personnage entier, capable de faire la fête, de pleurer la mort d’un ami, de se mettre en colère.
En résumé, Jésus se comporte simplement comme un homme !
La venue sur terre de Jésus n’était pas pour que les hommes apprennent à devenir des dieux mais pour que les hommes apprennent...à devenir des hommes !
Donc oui, le message chrétien est un humanisme, non pas au sens moderne et matérialiste mais au sens où la nature humaine est enfin prise en compte pour ce qu’elle est !:Le Salut pour les hommes ne consiste pas à devenir "parfait" mais simplement à assumer sa nature humaine afin de devenir "celui qu’on est" !
Personnellement, je ne suis pas fasciné par le surnaturel, ni par les personnes impassibles, toujours maîtresses d’elles-mêmes et ne montrant jamais aucune émotion ! Je dirais mêmes que ces personnes là qui prétendent tout maîtriser, d’une certaine manière, me foutent les jetons (quelqu’un qui ne montrent jamais aucune émotion, cela porte un nom, ça s’appelle un psychopathe).
Donc oui, la religion chrétienne constitue en ce sens une subversion car elle inverse le paradigme qui fut celui des religions païennes, à savoir la volonté de puissance !