@microf
@Joe Callagan
3è.partie
Aujourd’hui, en raison de l’évolution de la situation internationale et
surtout du giganteque progrès du mouvement de décolonisation dans les
pays dépendants, nous pouvons affirmer que la Force Militaire dirigée
contre la Liberté d’un pays ne peut plus garantir ni le prestige, ni les
intérêts d’une Métropole. Le rayonnement de la France, la garantie et
le développement de ses intérêts en Afrique ne sauraient désormais
résulter que de l’association libre des pays d’Outre-Mer. L’action
économique et culturelle de la France demeure encore indispensable à
l’évolution harmonieuse et rapide des Territoires d’Outre-Mer.
C’est en fonction de ces leçons du passé et des impératifs de cette
évolution nécessaire, de ce progès général irréversible déjà accompli,
de la ferme Volonté des peuples d’Outre-Mer à accéder à la totale
Dignité Nationale excluant définitivement toutes les séquelles de
l’ancien régime colonial, que nous ne cessons, dans le cadre d’une
Communauté Franco-Africaine égalitaire et juste, de proclamer la
reconnaissance mutuelle et l’exercice effectif du Droit à l’indépendance
des peuples d’Outre-Mer. Certains attributs de Souveraineté qui seront
exercés au niveau de cette Communauté devront se résumer en quatre
domaines :
Défense
Relations diplomatiques
Monnaie
Enseignement supérieur
Un pays qui exclut toute interdépendance dispose de quatre Pouvoirs essentiels :
1.La Défense
2.La Monnaie
3.Les Relations extérieures et la Diplomatie
4.La Justice et la Législation
Nous acceptons volontairement certains abandons de Souveraineté au
profit d’un ensemble plus vaste parce que nous espérons que la confiance
placée dans le Peuple Français et notre participation effective au
double échelon législatif et exécutif de cet Ensemble sont autant de
garantie et de sécurité pour nos intérêts moraux et matériels.
Nous ne renonçons pas et ne renoncerons jamais à notre droit légitime et
naturel à l’indépendance car, à l’échelon franco-africain nous
entendons exercer souverainement ce droit. Nous ne confondons pas non
plus la jouissance de ce droit à l’indépendance avec la sécession d’avec
la France, à laquelle nous entendons rester liés et collaborer à
l’épanouissement de nos richesses communes. Le projet de Constitution ne
doit pas s’enfermer dans la logique du régime colonial qui a fait
juridiquement de nous des citoyens français, et de nos Territoires, une
partie intégrante de la République Française Une et Indivisible. Nous
sommes Africains et nos Territoires ne sauraient être une partie de la
France. Nous serons citoyens de nos Etats africains, membres de la
Communauté Franco-Africaine. En effet, la République Française, dans
l’Association Franco-Africaine, sera un élément tout comme les Etats
Africains seront également des éléments constitutifs de cette grande
Communauté Multinationale composée d’Etats Libres et Egaux. Dans cette
Association avec la France, nous viendrons en peuples libres et fiers de
leur Personnalité et de leur Originalité, en peuples conscients de leur
apport au patrimoine commun, enfin en Peuples Souverains participant
par conséquent à la discussion et à la détermination de tout ce qui,
directement ou indirectement, doit conditionner leur existence.