@micnet
@yoananda2
Salut.
Je n’ai
pas lu toute votre conversation dans le détail. Et du peu que j’ai lu, il y’aurait
tellement à dire qu’il faudrait carrément une dizaine d’articles sur ago rouge
pour répondre. Je voulais juste revenir sur l’équilibre entre le collectif et
l’individu*.
Tout
le monde semble d’accord sur le fait qu’il faille trouver un bon équilibre.
Quand on creuse un peu, on se rend compte qu’on trouve rarement des positions
totalement individualistes ou totalement collectivistes. Et pourtant cette
question absurde revient tout le temps : l’individu au-dessus du collectif
ou le collectif au-dessus de l’individu ?
C’est
une question stupide qui découle de l’incapacité à différentier les espaces
sociaux. Oui, la société est un tout. Mais dans ce tout, il y’a des parties qui
ont leurs spécificités et qui ne peuvent pas fonctionner selon les mêmes règles.
Ces parties, ce sont les espaces sociaux et il est fondamental de pouvoir les
penser pour ne pas tout mélanger. Je vais prendre deux exemples caricaturaux.
-Vous
êtes avec votre compagne dans votre lit et vous consentez tous deux à coucher.
Eh bien dans cet espace social là en particulier, l’individu doit être
supérieur à la collectivité. Enfin, vous avez le droit d’être contre cet avis
évidemment et considérer qu’à partir du moment où la majorité de la population décide
par référendum de la façon dont vous devez caresser votre compagne, vous devez
vous y plier. Mais moi, je n’ai pas trop envie qu’on mette des caméras dans ma
chambre pour vérifier si j’obéi à la collectivité, je n’ai pas envie qu’on me dise
que mes pratiques sexuelles sont trop hétéronormatives et que je devrais par
exemple m’ouvrir (dans tous les sens du terme) à certaines pratiques LGTBQI +
parce que la collectivité l’a décidé. C’est moi et ma compagne qui décidons de
notre intimité et si la collectivité n’est pas contente, je n’ai aucun problème
à lui dire d’aller se faire foutre.
-Vous
êtes élus maire de votre municipalité et vous devez célébrer un mariage. Eh
bien, vous devez porter l’écharpe tricolore. Vous ne pouvez pas dire « oh
mais je suis libre, j’enrobe mon corps de ce dont j’ai envie ». Là, vos
désirs personnels, on s’en branle, vous agissez en tant que représentant de la République
française et vous devez donc en porter les attributs. Si vous n’êtes pas
content de cette restriction de votre liberté, vous pouvez démissionner,
personne ne vous a obligé à devenir maire. Eh bien, dans ce cas spécifique d’exercice
d’une fonction publique, c’est la collectivité qui est supérieure à l’individu.
On
peut multiplier les exemples pour montrer que parler dans l’absolu de
supériorité du collectif sur l’individu (ou inversement) n’a aucun sens, la hiérarchie
est toujours relative à l’espace social dans lequel on évolue. Penser la différentiation
des espaces sociaux (intimes-privés-publics) est donc fondamentale.
*Précision :
pour ne pas tomber dans des spéculations métaphysiques infinies, je précise que
j’utilise ici le terme « individu » comme synonyme d’organisme homo-sapiens
adulte, je ne fais aucunement référence au libre arbitre, à l’âme ou à ce genre
de concept, vous pouvez utiliser le mot « personne » ou d’autres si
vous voulez, peu importe, j’ai une approche fonctionnelle du langage et je
considère que les mots sont des instruments que chacun est libre d’appliquer à
l’usage qu’il souhaite à condition qu’il s’explique sur le sens qu’il leur
donne.