Pour
moi, c’est une folie que de penser que le collectif doit être en toute circonstance
au-dessus de l’individu, ce serait la dictature de la majorité en acte, il
suffirait que plus de 50,1 % de la population soit d’accord avec quelque
chose pour que ça devienne obligatoire indépendamment des espaces sociaux, la
majorité pourrait décider de tout sans entrave selon ses désirs et caprices comme
un monarque absolu, même de condamner à mort les 49,9 % restant ( et on
sait tous que derrière la majorité en question, il y’a des médias contrôlé par
des oligarques et des spécialistes de la manipulation de l’opinion en tout genre
). Oui, je pense que la majorité ne doit pas pouvoir tout faire. Juste parce que
je dis ça, on me traite d’individualiste. 
En
ce qui me concerne, ça fait un bon moment que je suis pour un régime mixte,
avec une composante démocratique (le RIC), monarchique (la présidence) mais
aussi aristocratique et c’est dans cette dernière composante qu’intervient l’Etat
de droit. Ce dernier sert entre autres à poser des limites à la souveraineté et
à juguler les passions et les arbitraires collectifs.
Alors
oui, le fameux gouvernement des juges mais ce n’est pas l’état de droit en soi
qui le produit, c’est une certaine mécanique néolibérale qui le perverti, il
est tout à fait possible d’avoir un état de droit sans avoir des juges qui
décident de tout et n’importe quoi, pour la simple raison que leur prérogative doit
aussi être cantonnée dans des limites très précises. C’est ça un régime mixte : chacune des composantes fixe des limites aux deux autres.
Oui,
on peut restreindre, voir abolir des droits individuels, moi je n’ai jamais eu
de problème avec cette idée. Mais il faut de bonnes raisons. Et l’état de droit
oblige justement à justifier les restrictions qu’on veut imposer, et ça ne
peut pas être « parce qu’on a envie épicétou ».