@MYTH©bubu
et les 12 comploteurs
bubuMYTH© : Pour
Lyme tu as raconté n’importe quoi, la maladie n’est pas reconnue depuis
hier.
Le pire semble atteint quand le malade est un
enfant sans défense qui se heurte non seulement à l’incompétence de praticiens
mais aussi à leur obstination à vouloir l’enfermer dans une vision
psychiatrique, voire à le culpabiliser et, en plus, à stigmatiser les parents.
C’est ce qui est arrivé en 2014 à Yannick S., un jeune adolescent frappé par
une maladie de Lyme fulgurante et présentant les symptômes typiques qui
auraient dû alerter les médecins (érythème migrant, maux de tête, fièvre,
analyses de sang montrant une baisse du système immunitaire…). Un psychiatre a
même été jusqu’à le séparer de ses parents et à interdire leur visite, en
évoquant chez eux un “syndrome de Münchhausen par procuration”,
lequel consiste à fantasmer chez son enfant des problèmes de santé pour pouvoir
l’amener chez le médecin.
À ses extrêmes souffrances articulaires, ses
fatigues intenses et une paralysie envahissante qui s’aggravait au fil des
jours, les pédopsychiatres ont répondu par les mots “simulateur”,
“capricieux”, “paresseux”… Et par des psychotropes durant des mois. Son état a
continué d’empirer.
“Il y a eu des moments où je trouvais que ça
ne servait plus à rien de me battre, explique-t-il. J’ai tellement souffert
dans mon corps que je pensais que je n’allais pas m’en sortir. Je vivais une
vie d’adolescent normal, et je me suis peu à peu retrouvé dépendant de tout le
monde. Je ne savais plus me laver tout seul, ni même aller aux toilettes.
Pensez-vous qu’un garçon de treize ans a envie d’être vu ainsi, tout nu, par des
inconnus ? Chaque mouvement pour moi était devenu pénible. Le pire de
tout, c’est que mes parents et mes petites sœurs pleuraient et je ne pouvais
pas les réconforter dans mes bras. J’étais devenu un légume, je ne tenais
plus assis, vers la fin je n’arrivais même plus à soulever ma tête, et je ne
comprends pas que l’on doive se justifier et s’excuser de souffrir.”
Un jour, ses parents ont heureusement songé à
contacter Judith Albertat, alors présidente de l’association Lyme sans
frontières. “En les écoutant et en voyant les photos de leur fils, j’ai
rapidement compris l’énormité de la situation. Sur l’une de ses photos, je vois
l’érythème migrant, tellement gros, tellement visible que personne n’aurait dû
se tromper. Même un crétin est capable d’identifier un érythème migrant
comme ça ! Eh bien, le pédiatre qui l’avait examiné est complètement passé
à côté. ”
Chantal Perrin et Roger Lenglet, L’Affaire
de la maladie de Lyme. Une enquête, Actes Sud, 2016
« [C]ontrairement à vous seul la vérité et
les faits m’intéresse ! »
Auteur
anonyme, première moitié du XXIe siècle
Hein™ [Z]elenski,
President of Kokaine !