@Franck ABED
Je pense qu’il a réussi le travail prodigieux de mettre fin en douceur à la guerre civile qui était devenue horrible, à la dictature, à l’oppression, à la famine et à la ruine, que c’est lui qui a restauré toutes les excellentes institutions royales et catholiques détruites, pas les Bourbon qui se sont contentés de récupérer son travail, et les Orléans de tout gâcher en remettant au pouvoir la bourgeoisie libérale révolutionnaire avec la monarchie constitutionnelle qui est le régime anglais banquier et manufacturier que voulait instaurer Philippe-Égalité qui se voyait comme un nouveau Guillaume d’Orange fondant une nouvelle dynastie. Napoléon avait bien compris que les Anglais étaient derrière le mouvement de bouleversement des institutions pour imposer le libre-échange, et ce sont eux qui l’ont précipité dans des guerres en Europe qui ont provoqué sa chute.
Ce qui a fait échouer le rétablissement de la Constitution française, qui avait déjà été la cause de la chute de la royauté, et qui empêche toute restauration depuis, c’est l’incapacité à rétablir une noblesse, c’est-à-dire une classe politique désintéressée, indépendante du pouvoir économique de la Bourgeoisie, assurant sa fonction politique, militaire, de justice et de police. La vraie séparation des pouvoirs de la constitution française, c’est la tripartition, la séparation des pouvoirs spirituels, politiques et économiques, avec une hiérarchie en dignité, pas la séparation entre exécutif, législatif et judiciaire que Montesquieu a prise en Angleterre. Hannah Arendt définit très justement le caractère totalitaire d’un régime par le fait de concentrer les pouvoirs politique et religieux, on peut ajouter économique.
En 1789, comme le montrent par exemple pour les campagnes Voyages en France d’Arthur Young, ou pour la ville le Tableau de Paris de Mercier, notre pays était à tous les points de vue, agricole, industriel, scientifique, technique, démographique, artistique, littéraire, social, de très loin le premier du monde, alors que Londres était couvert de taudis habités par une population en haillons, dont les enfants travaillaient dans les manufactures et les mines. Cet état d’aisance, de prospérité et de douceur de vivre en France était dû aux institutions royales et à l’Église catholique qui limitaient depuis des siècles la soif d’enrichissement et de pouvoir de la bourgeoisie de robe, de commerce et de finance qui ne pouvait pas dominer l’État et avoir tous les honneurs comme en Angleterre depuis la révolution de Cromwell. La révolution a été une nouvelle tentative, cette fois réussie car les précédentes avaient échoué, de coup d’État de la bourgeoisie d’affaire pour évincer le Clergé et la Noblesse et s’approprier leur pouvoir. Les premières mesures de l’Assemblée nationale ont été de mettre fin à l’interdiction du prêt à intérêt et de supprimer tout le droit social et les institutions de régulation des marchés, notamment des grains.