@Gaspard Delanuit
Les pensées sont les outils de l’intelligence pour agir dans le temps et l’espace, mais ces outils ne sont pas l’intelligence elle-même. Vous pouvez avoir de nombreuses pensées mais vous ne pouvez pas "avoir" de l’intelligence. Vous pouvez "être" intelligent, c’est-à-dire vous ouvrir mentalement à l’intelligence de l’univers sans vous attacher psychologiquement aux pensées qui passent devant l’écran de votre conscience ou qui sont tapies dans l’inconscient.
D’accord. On revient sur votre phrase avec laquelle j’ai entamé la conversation avec vous.
l’intelligence se situe au-delà de la pensée
Posons les sources « d’intelligence » alors.
+ Celle de l’univers, qui a organisé le chaos en cosmos. Et je vous suis : j’ai déjà parlé moi-même d’intelligence de la matière biologique, du théorème de Gaïa, on sait de plus en plus que les atomes ne sont pas tant faits de « boules » mais plutôt de nœuds d’énergies (d’une puissance ahurissante, un électron fait le parcours Milan-Bruxelles A/R en une seconde) pris entre eux selon le principe des contraires (avec des forces qui le sont tout autant) et de toute organisation.
+ L’intelligence humaine, celle que peut produire son âme, entre le cosmos et son corps.
+ L’intelligence simili des programme & machines.
La meilleure intelligence est celle du cosmos, à la nôtre de prendre place parmi celle-ci.
Maintenant, je n’ai pas l’heur d’avoir connu votre expérience de pensée (ou de non-pensée, si je comprends), mais je trouve que vous dédaignez trop facilement celle-ci. A moins d’une révolution mystique (et je veux bien m’y inscrire), on est très loin de ce genre d’informations sur l’intelligence, encore plus par les temps qui courent. Les humains sont envoutés par la simili intelligence des programmes & machines et pas trop dans le fun de celle cosmique.
Je parle souvent d’Umwelt, car je sais, connaissance d’expérience, la plus certaine pour moi, que celui-ci, est l’habitacle de l’âme, sans lequel la conscience ne serait que chaos entre le corps et l’esprit (le cosmos). Et notre Umwelt a été constitué par des expériences de pensée, quelle que soit la nature qu’on lui donne. La notion d’expérience n’est pas d’avoir fait quelque chose, mais d’avoir ressenti ce qu’on a fait : c’est le travail de la pensée. Même l’émotion, qui est un piège de la pensée, est aussi l‘un de ses véhicules. J’ose vous suggérer que votre expérience, même si je ne la connais pas, est un travail de pensée ; pas de production de schémas, mais un travail d’enregistrement par la pensée de quelque chose qui s’est passé.
Je vais jouer avec des transpositions entre pensée-intelligence et main-habileté.
Nos mains servent de moins en moins, surtout avec les populations devenues citadines surtout pour les gens qui "viennent des bureaux", comme j’ai pu l’entendre un jour à un travail passé. L’habileté est prise par les machines & programmes, qui décuplent les capacités manuelles. Ces mains ne servent à rien, on pourrait s’en débarrasser (et, de fait, on se débarrasse progressivement de nos âmes avec la domestication humaine en cours).
Sauf que c’est la main qui fait l’humain. C’est elle qui a "la mesure de toutes choses" et, de fait, la compréhension de ces choses. Et c’est elle qui a la capacité de création, de réenvisager l’intelligence cosmique pour produire d’autres constructions habiles (utiles comme esthétiques). La simili habileté/intelligence des programmes & machines est aveugle à elle-même. Elle n’a plus notre main, plus d’âme pour l’ajuster à l’ordre du monde, ou cosmique, en tout cas celui de Gaïa, où nous habitons.
C’est en ce sens que je hiérarchise différemment que vous : la pensée, traduction de l’âme au dessus de l’intelligence dont l’humain est capable de prendre ou de produire. Le problème n’est pas tant si les programmes & machines sont intelligentes, mais pour qu’elles cessent de nous envoûter, c’est la compréhension de notre âme, ses nécessités et besoins qui est à faire et pourquoi elle doit rester souveraine. Malheureusement, nous ne sommes pas outillés culturellement pour cela, ce qui est la cause de notre perte en cours.